Profils de risque par race

Assurance d’un chiot berger australien

Le berger australien présente une particularité unique parmi les races courantes : une mutation génétique qui rend certains médicaments courants dangereux. Elle se dépiste pour 70 euros, et cela change tout.

Publié le Mis à jour le 10 min de lecture

Un chiot berger australien bleu merle de cinq mois debout sur un chemin de campagne

Profil de la race#

Gabarit adulte de 16 à 28 kilos, espérance de vie de douze à quinze ans. Chien de troupeau à forte demande d’activité physique et mentale, devenu très populaire en France ces quinze dernières années.

Cette popularité rapide a eu une conséquence documentée : un élargissement de l’élevage sans dépistage systématique, avec une augmentation de la fréquence de certaines affections héréditaires.

La mutation MDR1#

C’est la particularité majeure de la race, et elle est mal connue du grand public.

Le gène MDR1 code une protéine qui protège le cerveau de certaines molécules. Sa mutation, présente chez une part significative des bergers australiens, colleys, bergers des Shetland et bergers blancs suisses, rend l’animal hypersensible à plusieurs médicaments courants.

Famille de moléculesUsage courant
Ivermectine et lactones macrocycliquesAntiparasitaires
LopéramideAntidiarrhéique
Certains anticancéreuxVincristine, doxorubicine
Certains anesthésiques et sédatifsAcépromazine, butorphanol

Chez un chien porteur homozygote, une dose standard peut provoquer des signes neurologiques graves, voire mortels.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquence relativeÂge d’apparitionCoût
Mutation MDR1Très élevéeCongénitaleTest 60 à 100 euros, accident médicamenteux 500 à 2 000 euros
Anomalie de l’œil du colleyÉlevéeCongénitale, dépistable à 6 semainesPas de traitement curatif
Cataracte héréditaireModérée2 à 6 ans1 200 à 2 500 euros par œil
Atrophie rétinienne progressiveModérée3 à 8 ansPas de traitement curatif
Dysplasie de la hancheModérée6 à 18 mois1 800 à 4 000 euros
Dysplasie du coudeModérée5 à 12 mois1 200 à 2 800 euros
Épilepsie idiopathiqueModérée1 à 5 ans600 à 1 400 euros par an à vie
Surdité, sujets double merleÉlevée sur ce croisementCongénitalePas de traitement

Le cas du double merle#

L’accouplement de deux chiens merle produit des sujets double merle, statistiquement exposés à une surdité et à des malformations oculaires sévères. Cette pratique d’élevage est proscrite par les clubs de race.

Sur le plan contractuel, une surdité ou une anomalie oculaire congénitale relève des exclusions héréditaires et congénitales dans la quasi-totalité des contrats. Vérifiez la robe des deux parents avant l’acquisition.

Cotisation observée#

FormuleChiot, 3 à 6 moisÀ 5 ansÀ 9 ans
Accident seul13 à 18 euros17 à 24 euros24 à 34 euros
Accident et chirurgie20 à 28 euros27 à 37 euros39 à 53 euros
Intermédiaire33 à 43 euros44 à 57 euros62 à 82 euros
Complète50 à 68 euros66 à 88 euros93 à 124 euros

Coefficient de risque appliqué : environ 1,10.

Les clauses à vérifier#

  1. La couverture des accidents médicamenteux. Rarement exclue en tant que telle, mais vérifiez qu’aucune clause n’écarte les conséquences d’une réaction à un traitement prescrit.
  2. La clause héréditaire, pour les affections oculaires et l’épilepsie.
  3. Le sous-plafond médicaments, déterminant si une épilepsie se déclare : un traitement antiépileptique à vie représente 600 à 1 400 euros par an.
  4. Le plafond annuel, 2 800 à 3 200 euros.
  5. La couverture de la cataracte, souvent classée héréditaire pour cette race.

Le risque comportemental et accidentel#

Le berger australien est un chien de travail à forte énergie. Mal stimulé, il développe des comportements problématiques. Bien stimulé, il pratique des activités qui l’exposent : agility, canicross, frisbee, obéissance sportive.

Deux conséquences contractuelles :

  • Les accidents sportifs sont couverts au titre de l’accident, sauf si le contrat exclut la participation à des compétitions. Si vous concourez, vérifiez cette clause.
  • Les consultations comportementales sont exclues de la majorité des contrats. Pour cette race, une option comportementalisme peut avoir un intérêt réel.

Le budget santé sur la vie de l’animal#

PosteProbabilité sur la vie du chienCoût de la prise en chargeÂge habituel
Mutation MDR1, sensibilité médicamenteuseÉlevée dans la raceCoût indirect, risque iatrogèneCongénital
Dysplasie du coudeNotable1 800 à 3 200 euros par coude6 à 18 mois
Dysplasie de la hancheNotable1 800 à 3 200 euros par hanche1 à 5 ans
Anomalie oculaire du colleyNotable0 à 2 500 euros selon la formeDépistable chez le chiot
Épilepsie essentielleNotable2 500 à 3 500 euros la première année1 à 5 ans
Traumatismes de sport et d’activitéÉlevée, chien très actif300 à 2 500 euros par épisodeToute la vie
Cataracte et affections oculairesModérée1 500 à 2 500 euros par œil4 ans et plus
Épillets auriculaires et interdigitésÉlevée, poil mi-long150 à 900 euros par épisodeÉté
Surdité et anomalies des sujets double merleSelon la génétique parentalePas de traitementNaissance

La dépense vétérinaire cumulée sur treize ans se situe entre 6 000 et 13 000 euros. Le profil est celui d’une race globalement saine, avec un risque concentré sur deux particularités génétiques et sur l’activité.

Les deux tests à faire, et dans quel ordre#

Le test MDR1, avant la première anesthésie. Le gène MDR1 code une protéine qui expulse certaines molécules hors des cellules, notamment au niveau de la barrière entre le sang et le cerveau. Chez les porteurs de la mutation, plusieurs molécules courantes, certains antiparasitaires, antidiarrhéiques, sédatifs et anticancéreux, atteignent le système nerveux central à des concentrations toxiques. La prévalence est élevée dans la race.

Le test coûte 60 à 100 euros, se fait une fois dans la vie, n’est pas remboursé, et son résultat doit figurer de façon très visible sur la première page du carnet de santé. La prise en charge d’une intoxication impose une hospitalisation de plusieurs jours, 900 à 2 500 euros, avec un risque vital. Voir anesthésie du chiot.

L’examen du fond de l’œil, à demander à l’éleveur. L’anomalie oculaire du colley est une malformation congénitale du fond de l’œil, de sévérité très variable, présente dans la race. Le dépistage se fait idéalement entre six et huit semaines, avant que la pigmentation ne masque les lésions légères. Un chiot dépisté indemne dispose d’un document qui, versé au dossier de souscription, rend infondée toute exclusion oculaire.

Ce qu’il faut exiger d’un contrat pour cette race#

La rédaction de l’exclusion oculaire. À négocier à la souscription, résultats de dépistage à l’appui, pour qu’elle porte sur l’affection nommée et non sur l’appareil oculaire entier. Cette négociation se fait pendant le délai de rétractation, jamais après. Voir exclusions types.

Une clause héréditaire limitée aux affections établies par test ou dépistage. L’épilepsie essentielle et les dysplasies sont exposées à une clause large.

L’absence de sous-plafond médicaments, en raison du risque d’épilepsie dont le traitement est à vie, 300 à 1 100 euros par an.

Une définition de l’accident large, avec assimilation des traumatismes survenus au cours d’une activité normale, sur un chien qui court et change de direction en permanence. Voir garantie accident.

La franchise annuelle, en raison de la fréquence des épisodes d’épillets et de traumatismes mineurs.

Un plafond annuel de 3 000 euros.

Les épillets, poste saisonnier sous-estimé#

Sur une race à poil mi-long qui court dans les herbes hautes, les épillets sont un motif de consultation récurrent de mai à septembre : conduit auditif, espaces interdigités, narines, yeux.

Deux choses à savoir. L’inspection systématique au retour de promenade, trois minutes sur les oreilles, entre chaque doigt, les aisselles et l’aine, est la mesure la plus efficace et elle est gratuite. Et la qualification contractuelle est favorable : un épillet est un corps étranger d’origine externe, donc un accident, avec une carence courte de deux à sept jours.

Faites mentionner sur la feuille de soins le caractère brutal du début et le contexte de promenade en herbe haute, avec la date. Cela qualifie l’accident et cela empêche la constitution d’un antécédent auriculaire à partir d’épisodes saisonniers. Voir épillets.

Questions fréquentes#

Faut-il tester le MDR1 avant de souscrire ?#

Sur le plan médical, oui, le plus tôt possible : connaître le statut permet d’éviter un accident médicamenteux grave. Sur le plan contractuel, un résultat positif devient déclarable. Le compromis raisonnable consiste à informer votre vétérinaire du risque racial dès la première consultation, afin qu’il adapte ses prescriptions par précaution, et à réaliser le test formel une fois les délais de carence écoulés.

Le berger australien est-il fragile ?#

Non, c’est globalement une race robuste avec une bonne espérance de vie. Son coefficient d’assurance est d’ailleurs proche de la moyenne. Sa spécificité tient moins à une fragilité générale qu’à quelques risques génétiques précis et dépistables.

Un berger australien de travail coûte-t-il plus cher à assurer ?#

Pas au titre de la race, mais l’usage déclaré peut compter. Un chien utilisé en conduite de troupeau professionnelle relève d’un contrat spécifique. Un chien de famille pratiquant l’agility en loisir reste un chien de compagnie dans la plupart des contrats.

Quelle différence avec le border collie ?#

Les deux races partagent la sensibilité MDR1 et une prédisposition épileptique. Le border collie présente une incidence supérieure d’anomalies oculaires héréditaires, le berger australien une incidence légèrement supérieure de dysplasie. Voir border collie.

Le test MDR1 est-il remboursé ?#

Non, aucun forfait prévention ne l’inclut, et il n’est pas remboursable au titre de la garantie maladie puisqu’il ne traite aucune affection. Compter 60 à 100 euros, une seule fois dans la vie de l’animal. Beaucoup d’éleveurs sérieux testent leurs reproducteurs et communiquent le statut probable des chiots : demandez-le, cela peut vous dispenser du test ou au contraire le rendre indispensable.

Une intoxication MDR1 est-elle prise en charge ?#

Elle relève de la garantie maladie en tant qu’affection survenue en cours de contrat, et elle est généralement remboursée. Deux nuances. Si la molécule a été administrée par un vétérinaire alors que le statut était connu et consigné, la responsabilité professionnelle du prescripteur peut être engagée, et votre assureur peut exercer une subrogation. Si vous avez administré un produit en vente libre, la clause de négligence peut être tentée, sans être solide. Dans les deux cas, la traçabilité du statut au dossier joue en votre faveur.

Cette race demande-t-elle beaucoup d’activité ?#

Oui, et cela a une conséquence assurantielle directe : un chien de ce type insuffisamment occupé développe des troubles du comportement, dont certains ont des conséquences somatiques coûteuses, léchage compulsif avec lésions cutanées, ingestion d’objets, automutilation. Les thérapies comportementales sont exclues ou plafonnées par la plupart des contrats, alors que leurs conséquences somatiques sont couvertes. La dépense de prévention ici n’est pas médicale, elle est en temps d’activité. Voir troubles du comportement.