Profils de risque par race

Assurance d’un chiot border collie

Race robuste et longévive, mais porteuse de trois affections génétiques dont une seule, l’épilepsie, suffit à rendre le sous-plafond médicaments déterminant.

Publié le Mis à jour le 9 min de lecture

Profil de la race#

Gabarit adulte de 14 à 20 kilos, espérance de vie de douze à quinze ans. Chien de troupeau réputé pour son intelligence de travail et son besoin d’activité physique et mentale très supérieur à la moyenne.

Race globalement robuste : peu d’affections articulaires lourdes, bonne longévité, faible incidence tumorale. Son risque est concentré sur trois affections d’origine génétique.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquenceÂge d’apparitionCoût
Anomalie de l’œil du colleyÉlevéeCongénitale, dépistable à 6 semainesPas de traitement curatif
Épilepsie idiopathiqueÉlevée1 à 5 ans600 à 1 400 euros par an à vie
Mutation MDR1ModéréeCongénitaleTest 60 à 100 euros
Atrophie rétinienne progressiveModérée3 à 8 ansPas de traitement curatif
Dysplasie de la hancheModérée6 à 18 mois1 500 à 3 500 euros
Ostéochondrite de l’épauleModérée5 à 12 mois900 à 1 800 euros
Neuronopathie sensorielleFaible, test disponible2 à 7 moisPas de traitement
Céroïde-lipofuscinose neuronaleFaible, test disponible15 mois à 2 ansPas de traitement
Surdité congénitaleModéréeCongénitalePas de traitement
Traumatismes liés à l’activitéÉlevéeTout âge400 à 2 000 euros

L’épilepsie, le poste qui compte#

L’épilepsie idiopathique est l’affection qui pèse le plus lourd financièrement chez cette race. Elle se déclare généralement entre un et cinq ans, c’est-à-dire après les délais de carence, ce qui la rend en principe couverte.

Le traitement est à vie. Il associe un ou plusieurs antiépileptiques, avec des dosages sanguins réguliers pour ajuster la posologie et surveiller la fonction hépatique.

PosteCoût annuel
Traitement antiépileptique de fond400 à 900 euros
Dosages sanguins de suivi, 2 à 4 par an180 à 400 euros
Consultations de suivi120 à 250 euros
Crise sérielle ou état de mal, hospitalisation600 à 1 500 euros par épisode

L’anomalie de l’œil du colley#

Malformation congénitale du fond de l’œil, présente dès la naissance et dépistable par examen ophtalmologique dès six semaines. Son expression est très variable : la plupart des sujets atteints conservent une vision fonctionnelle, une minorité développe un décollement de rétine ou une hémorragie.

Il n’existe pas de traitement. Le dépistage porte sur les reproducteurs et sur les chiots en portée. Demandez à l’éleveur l’attestation d’examen ophtalmologique de la portée, pratique courante chez les éleveurs sérieux de la race.

Sur le plan contractuel, cette affection congénitale est exclue dans la quasi-totalité des contrats.

Cotisation observée#

FormuleChiot, 3 à 6 moisÀ 5 ansÀ 9 ans
Accident seul12 à 17 euros16 à 22 euros22 à 31 euros
Accident et chirurgie19 à 26 euros25 à 35 euros36 à 49 euros
Intermédiaire31 à 39 euros41 à 53 euros58 à 76 euros
Complète47 à 63 euros62 à 83 euros87 à 116 euros

Coefficient de risque appliqué : environ 1,03.

Le risque lié à l’activité#

Le border collie est l’une des races les plus pratiquées en sport canin : agility, flyball, obéissance, troupeau. Cette activité génère un risque traumatique réel : entorses, tendinites, ruptures ligamentaires, traumatismes de réception.

Deux vérifications s’imposent :

  1. L’exclusion de compétition. De nombreux contrats excluent les accidents survenus en compétition officielle. Si vous concourez, vérifiez ce point ou souscrivez une extension.
  2. La couverture de la physiothérapie. La rééducation post-traumatique est fréquente chez le chien sportif, et elle est exclue ou fortement plafonnée dans la plupart des contrats.

À l’inverse, un border collie insuffisamment stimulé développe fréquemment des troubles du comportement : stéréotypies, poursuite d’ombres, hyperactivité, agressivité redirigée. Les consultations comportementales sont exclues de la majorité des contrats.

Le coût d’une épilepsie sur la vie du chien#

L’épilepsie essentielle est le poste dominant du border collie, et c’est une affection dont le coût est étalé plutôt que concentré. Voici la décomposition d’un suivi type, du diagnostic à la stabilisation.

PosteMomentCoûtStatut contractuel
Consultation de crise et bilan initialPremière crise150 à 300 eurosGarantie maladie
Bilan sanguin complet et biochimieDiagnostic d’exclusion180 à 320 eurosGarantie maladie
Imagerie par résonance magnétiqueDiagnostic d’exclusion900 à 1 600 eurosGarantie maladie, accord préalable souvent exigé
Analyse du liquide cérébrospinalSi l’imagerie est non concluante300 à 600 eurosGarantie maladie
Traitement antiépileptiqueÀ vie25 à 90 euros par moisGarantie maladie, franchise déterminante
Dosages plasmatiques de suivi2 à 4 fois par an80 à 150 euros par dosageGarantie maladie
Consultations de suivi neurologique2 fois par an120 à 400 euros par anGarantie maladie
Hospitalisation pour statut épileptiqueImprévisible600 à 2 000 euros par épisodeGarantie hospitalisation

Le total de la première année atteint fréquemment 2 500 à 3 500 euros, dont la moitié pour la seule imagerie. Les années suivantes se situent entre 700 et 1 800 euros selon la molécule et la fréquence des dosages. Sur une espérance de vie de douze ans, la dépense cumulée dépasse souvent 12 000 euros.

Deux paramètres contractuels décident donc de la valeur du contrat sur cette race. Le plafond annuel, qui doit absorber l’année du diagnostic, soit 3 000 euros minimum. Et la forme de la franchise : avec un traitement mensuel à vie et des dosages trimestriels, une franchise par acte rend le remboursement dérisoire. La franchise annuelle est ici une condition, pas une préférence. Voir épilepsie et franchise.

Le risque lié à l’activité, et comment le déclarer#

Le border collie est une race de travail, et son mode de vie modifie son profil de sinistralité. Les traumatismes d’activité représentent une part notable des sinistres : entorses, ruptures de ligament croisé, lésions de coussinets, plaies de barbelés, coups de chaleur à l’effort.

La question contractuelle est celle de la déclaration de l’usage. Trois situations se distinguent.

Chien de compagnie avec activité sportive de loisir. Agility, canicross, frisbee pratiqués sans compétition. Cette situation n’a généralement pas à être déclarée comme usage particulier, et les traumatismes relèvent de la garantie accident ordinaire.

Chien de compétition. Participation à des épreuves officielles. La déclaration est nécessaire : certains contrats excluent les accidents survenus en compétition, d’autres appliquent une majoration. L’omission expose à un refus au titre de la fausse déclaration.

Chien de troupeau ou de travail. L’usage professionnel doit être déclaré. Il modifie la tarification et, dans certains contrats, ouvre une garantie spécifique. Les contrats santé grand public excluent parfois les accidents du travail de l’animal, ce qui rend le contrat inadapté.

La règle utile est celle de la question posée : si le questionnaire de souscription demande l’usage de l’animal, répondez exactement. S’il ne le demande pas, vous n’avez pas d’obligation déclarative spontanée, mais une déclaration écrite non sollicitée reste la position la plus sûre sur un chien de travail, parce qu’elle rend inopposable toute contestation ultérieure.

Questions fréquentes#

Le border collie convient-il à la vie en appartement ?#

La question relève de l’activité fournie, pas de la surface. Un border collie recevant deux heures quotidiennes d’exercice physique et mental structuré peut vivre en appartement. Un border collie laissé inactif développera des troubles, quel que soit son logement.

Faut-il tester le MDR1 ?#

Oui sur le plan médical, comme pour le berger australien. La fréquence de la mutation est moindre chez le border collie, mais elle existe. Informez votre vétérinaire du risque racial dès la première consultation. Voir berger australien.

L’épilepsie est-elle systématiquement couverte ?#

Elle est couverte si elle se déclare après les délais de carence et si le contrat n’exclut pas les affections héréditaires, ou si l’épilepsie n’est pas classée comme telle. Cette classification varie selon les assureurs : demandez confirmation par écrit avant de signer.

Quel plafond pour un border collie ?#

2 500 à 3 000 euros. Le risque n’est pas un pic chirurgical mais une dépense annuelle récurrente en cas d’épilepsie. Le plafond annuel reconduit et le sous-plafond médicaments comptent plus que le montant absolu.

Une première crise convulsive crée-t-elle une exclusion immédiate ?#

Elle crée un antécédent, ce qui n’est pas la même chose. Sur un contrat en cours, la première crise est un sinistre couvert, et les explorations qui suivent le sont également, sous réserve de la carence et de l’accord préalable sur l’imagerie. L’exclusion apparaît dans deux cas seulement : si la crise survient pendant le délai de carence, auquel cas l’affection est traitée comme antérieure, ou si vous changez d’assureur ensuite. C’est la raison pour laquelle un border collie épileptique ne doit jamais changer de contrat.

Le test MDR1 a-t-il un intérêt pour l’assurance ?#

Indirect mais concret. La mutation MDR1, présente chez les chiens de berger, provoque une sensibilité à certaines molécules, dont des antiparasitaires et des anesthésiques. Un résultat connu évite une iatrogénie dont la prise en charge se discuterait ensuite, l’assureur pouvant invoquer un défaut d’information. Le test coûte 60 à 100 euros, n’est pas remboursé, et son résultat doit figurer au dossier médical de l’animal ainsi que sur une mention visible du carnet de santé.

Quelle est la différence entre épilepsie essentielle et crises symptomatiques ?#

L’épilepsie essentielle, dite idiopathique, est un diagnostic d’exclusion : les crises sont récurrentes et aucune cause structurelle n’est retrouvée. Les crises symptomatiques ont une cause identifiable, tumeur, malformation, trouble métabolique, intoxication. La distinction est contractuelle autant que médicale : l’épilepsie essentielle a une composante héréditaire reconnue sur certaines races, ce qui expose à la clause d’exclusion héréditaire, alors qu’une crise symptomatique ne l’est pas. C’est précisément pourquoi le bilan d’exclusion, imagerie comprise, sert aussi votre dossier d’assurance.