Garanties

La prise en charge des médicaments

Sur une affection chronique, les médicaments représentent 60 à 75 pour cent de la dépense annuelle. C’est aussi le poste le plus souvent sous-plafonné et celui où la frontière du remboursable est la plus arbitraire.

Mis à jour le 6 min de lecture

Une ordonnance vétérinaire, deux boîtes de médicaments et une seringue doseuse sur une table

La frontière du remboursable#

C’est le sujet central, et il est plus arbitraire qu’on ne l’imagine. Les contrats remboursent les médicaments prescrits pour traiter une affection garantie. Ils excluent ce qui n’est pas un médicament, et cette catégorie est plus large qu’elle n’en a l’air.

CatégorieStatut habituelExemplesDépense annuelle possible
Médicaments sur ordonnanceRemboursésAntibiotiques, anti-inflammatoires, cardiotropes300 à 1 900 euros
Médicaments en vente libre sur ordonnanceGénéralement remboursésAntiparasitaires prescrits, pansements digestifs100 à 300 euros
Médicaments sans ordonnanceNon remboursésAchats en libre-serviceVariable
Aliments diététiques prescritsPresque jamais remboursésAliments rénaux, digestifs, urinaires600 à 1 300 euros
Compléments alimentairesPresque jamais remboursésChondroprotecteurs, acides gras250 à 700 euros
Topiques, shampoings, lotionsRarement remboursésShampoings dermatologiques, collyres de confort150 à 400 euros
Produits de nettoyage auriculairePresque jamais remboursésNettoyants, solutions asséchantes80 à 180 euros
VaccinsForfait prévention seulementProtocole vaccinal60 à 100 euros
Préparations magistralesGénéralement rembourséesDosages adaptés au poidsVariable
Médicaments à usage humain prescritsGénéralement remboursésFréquent en médecine vétérinaireVariable

Les trois lignes les plus lourdes sont les aliments diététiques, les compléments et les topiques. Ensemble, sur un animal à affection chronique, elles représentent 1 000 à 2 400 euros par an non remboursés, souvent davantage que la part remboursée.

Le sous-plafond médicaments#

Plusieurs contrats plafonnent les médicaments, généralement entre 400 et 900 euros par année d’assurance, indépendamment du plafond annuel global.

L’effet est considérable sur les affections chroniques, qui sont précisément celles où le poste médicaments domine.

Affection chroniqueCoût annuel des médicamentsReste à charge avec un sous-plafond de 600 euros
Cardiomyopathie, traitement complet960 à 2 160 euros360 à 1 560 euros de dépense non couverte
Épilepsie, antiépileptique à vie300 à 1 080 euros0 à 480 euros
Dermatite atopique, traitement de fond720 à 1 560 euros120 à 960 euros
Insuffisance pancréatique, enzymes600 à 1 200 euros0 à 600 euros
Diabète, insuline et consommables480 à 960 euros0 à 360 euros
Affection auto-immune, immunosuppresseurs720 à 1 920 euros120 à 1 320 euros
Hypothyroïdie180 à 360 euros0 euro

La lecture est claire : un sous-plafond de 600 euros est sans effet sur une hypothyroïdie et rédhibitoire sur une cardiomyopathie. Il faut donc poser la question en fonction du profil de risque de la race. Sur un dobermann, un west highland, un akita inu ou un berger blanc suisse, l’absence de sous-plafond médicaments est un critère de premier rang. Voir sous-plafonds.

La franchise, l’autre difficulté#

Un traitement chronique se renouvelle mensuellement ou trimestriellement. Chaque renouvellement peut être traité comme un acte distinct, donc porter une franchise, selon la définition du sinistre retenue par le contrat.

Sur un traitement mensuel avec quatre consultations et trois bilans annuels, soit dix-neuf actes, une franchise de 45 euros par acte représente 855 euros de franchises annuelles. Une franchise annuelle de 100 euros représente 100 euros. L’écart de 755 euros par an dépasse le montant de beaucoup de cotisations.

C’est pourquoi, sur tout profil chronique, la franchise annuelle n’est pas une préférence de confort mais la condition pour que le contrat serve à quelque chose. Voir franchise et sinistre unique.

Les trois leviers d’économie#

Le renouvellement groupé. Demandez à votre vétérinaire une ordonnance couvrant trois mois plutôt qu’un mois, quand l’affection est stabilisée et que le suivi le permet. Cela divise par trois le nombre d’actes, donc le nombre de franchises sur un contrat à franchise par acte, et cela réduit les déplacements.

Le générique et le médicament à usage humain. Une part importante des prescriptions vétérinaires peut recourir à des spécialités moins coûteuses, y compris humaines, dans le respect des règles de prescription. La décision appartient au praticien, mais la question peut être posée : sur un traitement à vie, l’écart atteint parfois 30 à 50 pour cent.

La préparation magistrale. Sur les très petits gabarits, un dosage adapté préparé par un pharmacien coûte parfois moins qu’un conditionnement standard largement gaspillé. C’est remboursable comme un médicament.

Questions fréquentes#

Un médicament acheté en pharmacie humaine est-il remboursé ?#

Oui, dès lors qu’il est prescrit par un vétérinaire pour traiter une affection garantie de l’animal. La prescription de médicaments à usage humain est courante et encadrée en médecine vétérinaire, notamment quand aucune spécialité vétérinaire équivalente n’existe. Joignez l’ordonnance vétérinaire et la facture de la pharmacie : c’est le rattachement à la prescription vétérinaire qui fonde le remboursement, pas le lieu d’achat.

Les chondroprotecteurs sont-ils pris en charge ?#

Presque jamais. Les compléments à visée articulaire, glucosamine, chondroïtine, acides gras, sont classés comme compléments alimentaires et non comme médicaments, donc exclus par la quasi-totalité des contrats, même prescrits. Sur un chien arthrosique, ce poste représente 250 à 700 euros par an à votre charge. Quelques contrats prévoient un forfait spécifique : c’est un point à vérifier sur les races prédisposées aux dysplasies.

Un traitement refusé peut-il être contesté ?#

Oui, et deux motifs de refus se contestent utilement. Le premier est le classement en produit non médicamenteux d’une spécialité qui dispose d’une autorisation de mise sur le marché : produisez la preuve de ce statut. Le second est le refus au motif que le traitement serait préventif alors qu’il est prescrit pour une affection diagnostiquée : c’est un traitement curatif, et le compte rendu du diagnostic le démontre. Voir litige et recours.

Les médicaments d’une hospitalisation sont-ils comptés à part ?#

Cela dépend de la facturation. Un forfait hospitalisation inclut souvent les médicaments injectables administrés pendant le séjour ; dans ce cas ils sont soumis au plafond journalier d’hospitalisation et non au sous-plafond médicaments. Quand ils sont facturés à part, ils relèvent du poste médicaments. Cette différence d’imputation change le remboursement : demandez le détail de la facturation avant de contester un décompte. Voir garantie hospitalisation.

Peut-on se faire rembourser un médicament non utilisé ?#

Non, ni par la clinique ni par l’assurance. Un médicament délivré n’est pas repris, pour des raisons de sécurité sanitaire, et l’assurance ne rembourse que ce qui a été acquis et administré selon la prescription. La conséquence pratique est d’éviter les conditionnements largement supérieurs au besoin : sur un traitement de dix jours, demandez si un conditionnement plus petit existe, ou une préparation adaptée.