Démarches

Se faire rembourser

Entre la facture et le virement, quatre opérations s’enchaînent dans un ordre précis. Savoir les refaire permet de repérer immédiatement une erreur de décompte.

Publié le Mis à jour le 9 min de lecture

Une femme ouvre un courrier de remboursement d’assurance dans son entrée, son chiot à ses côtés

La séquence de calcul#

L’indemnité se calcule toujours dans le même ordre, et cet ordre a une importance réelle.

Une variante applique la franchise après le taux. Elle est moins favorable, et l’écart correspond à la franchise multipliée par le complément du taux.

OrdreCalcul sur 900 euros, taux 80 pour cent, franchise 70 eurosRésultat
Franchise puis taux(900 - 70) x 0,80664 euros
Taux puis franchise(900 x 0,80) - 70650 euros

Lire un décompte#

Un décompte de remboursement doit faire apparaître six informations. S’il en manque une, demandez-la.

LigneCe qu’elle indique
Montant de la factureCe que vous avez payé
Montant retenuLa base sur laquelle le calcul est fait
Franchise appliquéeMontant et nature
Taux appliquéPourcentage, par garantie si différencié
Montant rembourséLe virement effectué
Plafond consommé et soldeVotre capacité restante sur la période

L’écart entre le montant de la facture et le montant retenu est la ligne la plus instructive. S’il existe, c’est qu’une base de remboursement interne s’applique. Voir taux de remboursement.

Refaire le calcul soi-même#

Les délais de virement#

Type de dossierDélai observé
Dossier simple, complet, garantie évidente5 à 10 jours ouvrés
Dossier avec pièces complémentaires demandées15 à 25 jours ouvrés
Dossier soumis au vétérinaire conseil3 à 6 semaines
Première affection chronique, avec historique demandé4 à 8 semaines

Ces délais courent à compter de la réception d’un dossier complet. Une pièce manquante remet le compteur à zéro, d’où l’intérêt de vérifier la liste avant l’envoi.

Quand le remboursement est inférieur à l’attendu#

Cinq causes, par ordre de fréquence :

  1. Une base de remboursement interne a été appliquée. Demandez la grille tarifaire et le détail du calcul.
  2. Un sous-plafond a écrêté un poste : hospitalisation par jour, médicaments, imagerie, implants.
  3. La franchise a été appliquée différemment de ce que vous pensiez, notamment si elle est par sinistre ou par acte.
  4. Le taux différencié a joué : 90 pour cent en chirurgie mais 70 pour cent sur les médicaments.
  5. Le plafond est en voie d’épuisement, ce qui apparaît dans la ligne solde.

Dans tous les cas, demandez le détail du calcul par écrit. Un assureur sérieux le fournit sans difficulté, et cette demande n’a rien d’agressif : elle relève de l’obligation d’information.

Le tiers payant#

Quelques assureurs proposent une prise en charge directe, totale ou partielle, sur les interventions lourdes ou dans un réseau de cliniques partenaires.

La procédure suppose un accord préalable obtenu avant l’intervention, et un établissement conventionné. Le reste à charge, correspondant à la franchise et à la part non couverte, reste à régler sur place.

Ce dispositif est minoritaire en France. Si ce point vous importe, vérifiez-le explicitement avant de souscrire, car il ne figure presque jamais dans l’argumentaire commercial.

Les huit motifs de remboursement réduit, et la réponse à chacun#

Un remboursement inférieur à l’attendu vient toujours de l’une de ces huit causes. L’identifier prend cinq minutes avec le décompte sous les yeux, et détermine si la discussion a un sens.

MotifComment le repérer sur le décompteEst-ce contestable ?
Base de remboursement interne appliquéeUne ligne « base retenue » inférieure au montant facturéNon sur le principe, oui sur l’opposabilité si la grille ne vous a jamais été communiquée
Plafond annuel atteintUne mention de solde disponible ou de plafond épuiséNon, mais vérifiez la période de référence
Sous-plafond par affectionUn écrêtement sans plafond annuel atteintNon si la clause figure au contrat, sinon oui
Franchises multiplesPlusieurs lignes de franchise sur un même épisodeOui si le contrat prévoit une franchise par sinistre et non par acte
Plafond journalier d’hospitalisationUne base journalière inférieure au forfait facturéNon, mais souvent non anticipé
Acte reclassé dans une autre garantieUn taux différent de votre taux principalOui, si la reclassification est discutable
Acte considéré comme préventifUn refus total sur une ligne isoléeOui, si l’acte avait une finalité diagnostique
Exclusion appliquéeUn refus motivé par une clauseOui, c’est le cas le plus souvent contestable

Les lignes 4, 7 et 8 sont celles sur lesquelles une réclamation aboutit le plus souvent. Les franchises multiples relèvent d’une erreur de gestion fréquente : une chirurgie avec sa consultation préopératoire, son imagerie et ses deux contrôles postopératoires constitue un sinistre unique dans la plupart des contrats, et ne doit donner lieu qu’à une franchise. Vérifiez la définition du sinistre dans vos conditions générales avant de contester.

La reclassification d’un acte en préventif est l’autre erreur courante. Une analyse sanguine réalisée devant un symptôme est diagnostique, même si elle ressemble à un bilan. La correction passe par la production de la feuille de soins mentionnant le motif clinique, ce qui suppose que ce motif y figure : c’est la raison pour laquelle il faut faire remplir la feuille de soins à la clinique, avec le symptôme, plutôt que d’accepter une mention générique.

La chronologie d’un dossier, de l’acte au virement#

ÉtapeDélai courantCe qui la retarde
Transmission du dossier completLe jour de l’acte, si la feuille de soins est remplieUne feuille de soins non signée par le vétérinaire
Accusé de réception1 à 3 jours en transmission numériqueUn envoi postal, à éviter
Instruction du dossier5 à 15 jours ouvrésUne facture globalisée, un compte rendu manquant
Demande de pièce complémentaireAjoute 7 à 21 joursLa pièce la plus souvent demandée est le compte rendu clinique
Décision et décompte10 à 30 jours après réception complèteUn montant élevé déclenchant un contrôle médical
Virement2 à 5 jours après la décisionUn relevé d’identité bancaire obsolète

Le poste qui allonge le plus les délais est la demande de pièce complémentaire, parce qu’elle remet le compteur à zéro et qu’elle n’est pas toujours notifiée activement. Le réflexe qui l’évite consiste à transmettre dès le premier envoi la facture détaillée acte par acte, la feuille de soins signée et, pour tout acte dépassant 400 euros, le compte rendu clinique, même s’il n’est pas demandé.

Passé le délai contractuel, la relance a une forme utile : une mise en demeure écrite avec accusé de réception, rappelant la date de réception du dossier complet, le délai contractuel applicable et la demande de règlement. Elle fait courir les intérêts au taux légal. En l’absence de réponse dans les deux mois qui suivent, la saisine du médiateur de l’assurance est ouverte, gratuite, et elle débloque une part significative des dossiers dormants. Voir litige et recours.

Questions fréquentes#

Le remboursement peut-il dépasser la facture ?#

Non. Le principe indemnitaire, posé à l’article L.121-1 du Code des assurances, interdit que l’indemnité excède le montant du dommage. C’est aussi pourquoi cumuler deux assurances santé pour le même animal n’augmente pas le remboursement.

Les frais bancaires ou de dossier sont-ils remboursés ?#

Non. Seuls les frais vétérinaires entrent dans le champ des garanties. Les frais de dossier éventuellement facturés par l’assureur, rares en santé animale, ne sont pas remboursables.

Peut-on se faire rembourser des soins réalisés à l’étranger ?#

Oui, dans la limite de la zone et de la durée prévues au contrat, souvent l’Union européenne et 60 à 90 jours cumulés par an. Les factures en langue étrangère peuvent nécessiter une traduction, et le remboursement s’effectue en euros au taux de change du jour des soins.

Que faire si l’assureur ne verse rien sans explication ?#

Adressez une réclamation écrite au service dédié, en joignant le dossier et en demandant la motivation du refus. L’absence de motivation est en soi contestable. Passé deux mois sans réponse satisfaisante, saisissez le médiateur. Voir litige et recours.

Peut-on contester un décompte plusieurs mois après ?#

Oui, dans la limite de la prescription biennale de l’article L114-1 du Code des assurances, soit deux ans à compter de l’événement qui donne naissance à l’action. Pour un remboursement insuffisant, ce point de départ est la date du décompte. La contestation tardive est cependant plus difficile à instruire, les pièces se dispersant. Conservez les décomptes et vérifiez-les à réception : un écart repéré dans la semaine se règle par un appel, le même écart repéré un an plus tard par un échange de courriers.

Le tiers payant est-il un droit ?#

Non, c’est une facilité conventionnelle. Elle suppose un accord entre l’assureur et la clinique, et elle est généralement réservée aux montants élevés, hospitalisation et chirurgie. Elle se demande avant l’intervention, par écrit, et l’accord doit être obtenu avant l’acte. Son intérêt est considérable sur une chirurgie à 2 500 euros, puisqu’elle évite l’avance de trésorerie. Son inconvénient est de figer le montant pris en charge avant l’acte, ce qui peut laisser à votre charge un dépassement constaté en cours d’intervention.

Les frais de transmission ou de gestion de dossier sont-ils facturés ?#

Aucun assureur sérieux ne facture le traitement d’une demande de remboursement. En revanche, deux frais légitimes existent et se lisent sur l’avis de cotisation, pas sur le décompte : les frais de fractionnement, lorsque vous payez mensuellement plutôt qu’annuellement, et les frais de dossier à la souscription. Les premiers représentent 2 à 5 pour cent de la cotisation annuelle et se suppriment en passant au paiement annuel, ce qui est l’économie la plus simple à réaliser sur un contrat.