Profils de risque par race
Assurance d’un chiot cocker anglais
Le cocker est la race de l’otite chronique. Ce n’est pas spectaculaire, mais un conduit auditif qui se sténose finit en chirurgie à 2 500 euros, et le chemin pour y arriver coûte déjà cher.
Profil de la race#
Gabarit adulte de 12 à 15 kilos, espérance de vie de douze à quinze ans. Chien de chasse devenu chien de compagnie, à oreilles longues et pendantes, pelage soyeux et dense, peau fine.
Son profil de risque est dominé par trois appareils : auriculaire, cutané et oculaire. Peu de chirurgie lourde, mais des affections récurrentes sur toute la vie.
Prédispositions documentées#
| Affection | Fréquence | Âge d’apparition | Coût |
|---|---|---|---|
| Otite externe chronique | Très élevée | 6 mois et plus | 90 à 250 euros par épisode |
| Sténose du conduit auditif | Élevée, stade avancé | 4 ans et plus | 1 500 à 2 500 euros |
| Dermatite atopique | Élevée | 6 mois à 3 ans | 600 à 1 500 euros par an |
| Séborrhée et dermatite à Malassezia | Élevée | 1 an et plus | 300 à 800 euros par an |
| Atrophie rétinienne progressive | Élevée | 3 à 7 ans | Pas de traitement curatif |
| Glaucome primaire | Modérée à élevée | 4 ans et plus | 800 à 2 000 euros |
| Cataracte héréditaire | Modérée | 2 à 6 ans | 1 200 à 2 500 euros par œil |
| Anémie hémolytique à médiation immune | Modérée | 2 ans et plus | 1 200 à 3 000 euros |
| Néphropathie familiale | Faible, test disponible | 6 mois à 2 ans | Suivi à vie |
| Luxation de rotule | Modérée | 6 mois à 3 ans | 900 à 1 800 euros |
| Maladie valvulaire mitrale | Modérée | 7 ans et plus | 400 à 1 000 euros par an |
L’otite chronique, de la gêne à la chirurgie#
Le conduit auditif du cocker cumule trois facteurs défavorables : un pavillon long et lourd qui couvre l’entrée du conduit, une pilosité abondante dans le conduit lui-même, et des glandes cérumineuses nombreuses.
L’évolution typique est progressive et coûteuse :
| Stade | Prise en charge | Coût cumulé |
|---|---|---|
| Otite aiguë isolée | Nettoyage, traitement local | 90 à 200 euros |
| Otites récidivantes | Cytologie, bactériologie, traitements ciblés | 300 à 700 euros par an |
| Otite chronique avec cause sous-jacente | Bilan allergologique, traitement de fond | 800 à 1 800 euros par an |
| Sténose et calcification du conduit | Chirurgie d’ablation du conduit | 1 500 à 2 500 euros |
Le poste dermatologique#
La peau fine et le pelage dense du cocker favorisent les dermatoses. La dermatite atopique se déclare généralement entre six mois et trois ans, et elle est à vie.
Le traitement associe consultations dermatologiques, tests allergologiques, traitement de fond, shampooings thérapeutiques et parfois immunothérapie. Comptez 600 à 1 500 euros par an.
Les otites du cocker sont d’ailleurs très souvent la manifestation auriculaire d’une atopie sous-jacente. Traiter l’otite sans chercher la cause conduit à la chronicité.
Cotisation observée#
| Formule | Chiot, 3 à 6 mois | À 5 ans | À 9 ans |
|---|---|---|---|
| Accident seul | 12 à 17 euros | 16 à 22 euros | 23 à 31 euros |
| Accident et chirurgie | 19 à 26 euros | 25 à 35 euros | 36 à 49 euros |
| Intermédiaire | 31 à 39 euros | 41 à 53 euros | 58 à 77 euros |
| Complète | 47 à 63 euros | 62 à 83 euros | 88 à 117 euros |
Coefficient de risque appliqué : environ 1,03.
Les clauses à vérifier#
- La franchise annuelle, impérativement, jamais par sinistre ni par acte.
- Le sous-plafond dermatologique, souvent limité à 300 à 600 euros par an : c’est le poste principal de la race.
- Le sous-plafond médicaments, 600 euros par an au minimum.
- L’absence de limite au nombre de consultations annuelles.
- La clause héréditaire, pour les affections oculaires et la néphropathie.
- Le plafond annuel, 2 500 à 3 000 euros.
La prévention, réellement efficace ici#
Contrairement à beaucoup de prédispositions, le risque auriculaire du cocker se réduit significativement par l’entretien.
- Contrôle du conduit deux fois par semaine.
- Nettoyage avec un produit adapté après chaque baignade ou sortie en milieu humide.
- Épilation ou coupe des poils du conduit, en accord avec votre vétérinaire.
- Séchage soigneux après le bain.
- Recherche d’une cause sous-jacente dès la deuxième otite dans l’année, plutôt qu’un traitement symptomatique répété.
Cette dernière recommandation est la plus importante. C’est la répétition du traitement symptomatique sans diagnostic étiologique qui conduit à la chronicité, puis à la chirurgie.
Le budget santé sur la vie de l’animal#
| Poste | Probabilité sur la vie du chien | Coût de la prise en charge | Âge habituel |
|---|---|---|---|
| Otites externes chroniques | Très élevée, oreilles longues et poilues | 120 à 320 euros par épisode, 3 à 6 fois par an | Toute la vie |
| Dermatite atopique et séborrhée | Élevée | 500 à 1 400 euros par an | 1 an et plus |
| Affections oculaires, entropion, glaucome, cataracte | Élevée | 500 à 2 500 euros | 2 ans et plus |
| Épillets auriculaires et interdigités | Très élevée, poil long et oreilles tombantes | 150 à 900 euros par épisode | Été |
| Dysplasie de la hanche | Notable | 1 800 à 3 200 euros par hanche | 1 à 5 ans |
| Cardiopathie valvulaire | Notable chez l’adulte âgé | 500 à 1 400 euros par an | 8 ans et plus |
| Atrophie rétinienne progressive | Notable | Suivi seulement, 200 à 400 euros | 3 à 7 ans |
| Anémie hémolytique auto-immune | Modérée, surreprésentée | 1 500 à 4 000 euros par épisode | 2 ans et plus |
| Surpoids | Élevée, race prédisposée | Indirect, majore tous les autres postes | À partir de 2 ans |
La dépense vétérinaire cumulée sur douze ans se situe couramment entre 9 000 et 18 000 euros. Le profil est celui d’une charge annuelle continue plutôt que de sinistres lourds isolés, ce qui inverse la hiérarchie habituelle des critères de contrat.
Ce qu’il faut exiger d’un contrat pour cette race#
Aucun sous-plafond auriculaire ni dermatologique. Premier critère, éliminatoire, à confirmer par écrit.
Aucun sous-plafond ophtalmologique. Le profil oculaire de la race est chargé, entre les affections palpébrales, le glaucome et la cataracte.
La franchise annuelle, impérative. Avec dix à dix-huit actes annuels de coût unitaire modéré, une franchise de 45 euros par acte représente 450 à 810 euros de reste à charge structurel chaque année, soit l’équivalent de douze à vingt mois de cotisation. Voir franchise.
Un plafond annuel de 2 500 à 3 000 euros. Suffisant compte tenu du gabarit moyen : il n’y a pas de sinistre à 4 000 euros attendu, sauf anémie hémolytique.
La clause héréditaire limitée aux affections établies par test ou dépistage, l’atopie et les affections oculaires ayant une composante génétique.
La couverture des affections auto-immunes, sans sous-plafond médicaments, l’anémie hémolytique auto-immune étant surreprésentée dans la race et son traitement immunosuppresseur coûtant 700 à 1 600 euros par an.
L’entretien, qui décide de la moitié de la dépense#
Sur cette race, une part substantielle de la charge annuelle est évitable par l’entretien, et cet entretien n’est jamais remboursé.
Les oreilles. Nettoyage régulier selon le protocole indiqué par votre vétérinaire, séchage après baignade, épilation ou coupe du poil du conduit selon les recommandations, contrôle visuel hebdomadaire. Coût : 80 à 180 euros par an de produits. Bénéfice : une réduction nette du nombre d’otites, dont chaque épisode coûte 120 à 320 euros.
Le poil. Toilettage professionnel quatre à huit fois par an, 55 à 100 euros la séance, avec tonte des espaces interdigités en début de saison des épillets. Coût : 250 à 700 euros par an. Bénéfice : moins d’épillets, moins de macérations, surveillance de la peau facilitée.
Le poids. Ration pesée, friandises comptées, pesée mensuelle, réduction après stérilisation. Coût : rien. Bénéfice : réduction du risque articulaire et du risque anesthésique. Voir surpoids et obésité.
L’inspection au retour de promenade en saison. Trois minutes, de mai à septembre : oreilles, entre chaque doigt, aisselles, aine, pourtour des yeux. C’est la mesure la plus rentable du dossier et elle est gratuite. Voir épillets.
Compter 350 à 900 euros par an d’entretien non remboursé, qui évite 600 à 1 800 euros de soins partiellement remboursés. Le rendement est élevé pour vous, indépendamment du contrat.
La chronicité auriculaire, à éviter#
Une oreille longue et poilue réunit tous les facteurs d’otite : conduit fermé, absence de ventilation, humidité permanente, terrain souvent allergique. La conséquence est une otite chronique plutôt qu’une succession d’otites aiguës.
Trois effets se cumulent si la cause n’est pas traitée. Médicalement, l’otite chronique évolue vers une sténose du conduit, parfois une otite moyenne, et dans les cas extrêmes vers une ablation chirurgicale du conduit auditif à 2 000 à 3 000 euros. Financièrement, cinq otites par an à 250 euros représentent 1 250 euros annuels, alors qu’un traitement de fond de la cause sous-jacente coûterait moins. Contractuellement, une accumulation d’épisodes libellés « otite externe » construit un dossier auriculaire chronique susceptible de fonder une exclusion en cas de changement d’assureur.
La conduite utile est de demander, dès la deuxième otite en un an, la recherche de la cause sous-jacente, et de faire rattacher les épisodes suivants à cette cause une fois identifiée. Voir otites.
Questions fréquentes#
Le cocker anglais diffère-t-il du cocker américain ?#
Ce sont deux races distinctes. Le cocker américain, plus petit, à museau plus court et pelage encore plus fourni, présente une incidence d’otites et de dermatoses supérieure. Les assureurs français les distinguent rarement dans leurs grilles.
La rage du cocker existe-t-elle vraiment ?#
Le syndrome d’agression idiopathique, historiquement décrit chez certaines lignées de cockers unicolores, reste très rare et controversé. Il ne justifie pas d’inquiétude générale sur la race. Sur le plan contractuel, les troubles du comportement sont de toute façon exclus de la plupart des contrats.
Faut-il tondre un cocker ?#
La tonte n’est pas recommandée pour le pelage de la race, qui remonte mal. Un entretien régulier avec dégagement des zones sensibles, contour des oreilles, pattes, ventre, suffit et limite les macérations. Un toilettage professionnel tous les deux à trois mois représente 180 à 500 euros par an.
Quel plafond pour un cocker ?#
2 500 à 3 000 euros. Mais pour cette race, la structure de la franchise et les sous-plafonds récurrents pèsent davantage sur le reste à charge réel que le montant du plafond annuel.
Les produits de nettoyage auriculaire sont-ils remboursés ?#
Pratiquement jamais, étant classés hors médicament. Le geste de nettoyage réalisé en consultation dans le cadre du traitement d’une otite diagnostiquée l’est, au titre de la garantie maladie. Le nettoyage d’entretien, réalisé en dehors de tout épisode, relève du préventif et n’est généralement pas couvert. Compter 80 à 180 euros par an à votre charge, qui évitent plusieurs consultations.
Le toilettage est-il pris en charge ?#
Non, jamais, ni par les garanties ni par le forfait prévention. Le toilettage, la tonte et le démêlage relèvent de l’entretien et non du soin. Sur cette race, ce poste représente 250 à 700 euros par an, soit 3 000 à 8 400 euros sur la vie de l’animal. Il doit figurer dans le budget d’acquisition de la race, au même rang que l’alimentation.
Faut-il assurer cette race ou provisionner ?#
Le calcul penche nettement vers l’assurance, à condition de choisir les bons paramètres. La dépense vétérinaire cumulée attendue, 9 000 à 18 000 euros sur douze ans, se compare à des cotisations cumulées de 7 000 à 10 000 euros pour une formule intermédiaire. Avec une franchise annuelle et sans sous-plafonds, l’opération est favorable. Avec une franchise par acte et des sous-plafonds auriculaire et dermatologique, le contrat rembourse une fraction de la dépense et l’opération devient défavorable. Voir est-ce rentable.