Profils de risque par race

Assurance d’un chiot schnauzer

Le schnauzer, nain surtout, concentre son risque sur un trio d’affections métaboliques liées entre elles. Leur point commun est que la prévention repose sur une alimentation prescrite que pratiquement aucun contrat ne rembourse.

Mis à jour le 6 min de lecture

Un chiot schnauzer gris de quatre mois sur une table de toilettage, barbe et sourcils caractéristiques

Profil de la race#

Le schnauzer existe en trois tailles : nain de 4 à 8 kilos, moyen de 14 à 20 kilos, et géant de 35 à 47 kilos. À poil dur, avec la barbe et les sourcils caractéristiques, c’est une race robuste dont l’espérance de vie va de douze à quinze ans pour le nain, dix à douze ans pour le géant.

La variété naine, la plus répandue en France, présente le profil le plus documenté et le plus particulier : un trio d’affections métaboliques liées entre elles, hyperlipidémie, pancréatite et calculs urinaires, dont la prévention repose principalement sur l’alimentation.

Prédispositions documentées#

AffectionVariété concernéeCoût de la prise en chargeÂge habituel
HyperlipidémieNain surtout200 à 500 euros par an de suivi2 ans et plus
Pancréatite aiguëNain surtout900 à 2 500 euros par épisode3 ans et plus
Calculs urinairesNain surtout800 à 2 200 euros par épisode3 ans et plus
Diabète sucréNain700 à 1 600 euros par an, à vie6 ans et plus
Maladie parodontaleNain surtout200 à 600 euros par intervention2 ans et plus
Atrophie rétinienne progressiveToutesSuivi seulement, 200 à 400 euros3 à 7 ans
CataracteNain1 500 à 2 500 euros par œil4 ans et plus
Torsion d’estomacGéant2 200 à 3 800 euros en urgence4 ans et plus
Dysplasie de la hancheGéant2 200 à 3 800 euros par hanche1 à 5 ans
Myotonie congénitaleNain, rare, test disponiblePas de traitement curatifChiot

Le trio métabolique, et pourquoi il est lié#

L’hyperlipidémie est une élévation persistante des graisses dans le sang, avec une composante héréditaire documentée chez le schnauzer nain. Elle est le plus souvent silencieuse et découverte sur un bilan sanguin.

Son intérêt est qu’elle prédispose à deux complications sérieuses. D’abord la pancréatite aiguë : l’excès de lipides circulants déclenche une inflammation du pancréas, avec des vomissements, une douleur abdominale intense, un abattement profond. Une pancréatite aiguë est une urgence, dont la prise en charge associe hospitalisation, perfusion et analgésie, pour 900 à 2 500 euros, avec une mortalité non nulle sur les formes sévères et un risque de récidive et de passage à la chronicité. Ensuite le diabète sucré, dont le lien avec les pancréatites répétées est établi.

Les calculs urinaires forment le troisième volet, avec une prédisposition aux calculs de struvite et d’oxalate. Chez le mâle, l’obstruction urétrale est une urgence vitale.

Le poste qui n’est jamais remboursé#

La prévention des trois affections repose principalement sur une alimentation pauvre en graisses, prescrite et maintenue à vie, associée au contrôle du poids et à la suppression de toute friandise grasse.

Cet aliment coûte 50 à 90 euros par mois sur un schnauzer nain, soit 600 à 1 100 euros par an, et il est exclu de la quasi-totalité des contrats au titre des produits non médicamenteux. Sur douze ans, ce poste non couvert atteint 7 000 à 13 000 euros.

C’est un chiffre qu’il faut avoir en tête avant de comparer des taux de remboursement, parce qu’il dépasse souvent le montant total des remboursements attendus du contrat. Quelques contrats prévoient un forfait alimentation thérapeutique plafonné à 100 ou 150 euros par an ; demandez-le, c’est toujours cela.

Il faut aussi noter ce que cette dépense évite : chaque pancréatite évitée représente 900 à 2 500 euros dont 20 à 30 pour cent resteraient à votre charge, plus le risque de chronicité et de diabète. Le rendement du régime est donc élevé pour vous, indépendamment du contrat.

Cotisation observée#

Pour la variété naine, la plus courante :

FormuleChiot de 3 moisÀ 6 ansÀ 12 ans
Accident seul8 à 12 euros13 à 19 euros22 à 32 euros
Accident et maladie, intermédiaire27 à 38 euros44 à 64 euros76 à 114 euros
Formule complète42 à 58 euros68 à 96 euros118 à 168 euros

Ajoutez 30 à 50 pour cent pour la variété moyenne et 70 à 100 pour cent pour la variété géante. Voir prix par race.

Les clauses à vérifier#

L’absence de sous-plafond digestif ou urinaire. Premier critère, à confirmer par écrit sur les deux.

La clause héréditaire. L’hyperlipidémie du schnauzer nain a une composante héréditaire documentée. Une clause visant « toute affection présentant une composante héréditaire » permettrait d’exclure l’hyperlipidémie et, par extension, les pancréatites qui en résultent. Cette question est éliminatoire : demandez par écrit si la pancréatite est couverte.

La franchise annuelle, en raison de la fréquence des bilans de suivi.

L’existence d’un forfait alimentation thérapeutique.

L’absence de sous-plafond dentaire pour la variété naine, la maladie parodontale étant une certitude à moyen terme. Voir affections dentaires.

Un plafond annuel de 2 500 euros pour le nain, 4 000 euros pour le géant.

Questions fréquentes#

L’hyperlipidémie doit-elle être traitée si elle est silencieuse ?#

La décision appartient à votre vétérinaire, mais la tendance est à la prise en charge diététique même en l’absence de signes, précisément pour éviter les complications. Un bilan lipidique annuel à jeun, 60 à 130 euros, permet de suivre l’évolution. Sur le plan contractuel, ce suivi est remboursable comme acte diagnostique dès lors que l’anomalie est diagnostiquée, la nuance étant qu’un premier bilan réalisé dans le cadre d’un contrôle de santé pourrait être rattaché au préventif. Faites porter le motif clinique quand il existe.

Une pancréatite laisse-t-elle une exclusion ?#

Un épisode aigu isolé, guéri, avec retour à la normale des paramètres, ne devrait pas fonder d’exclusion. Le risque apparaît sur les épisodes répétés, que l’assureur peut requalifier en pancréatite chronique, affection chronique susceptible d’exclusion en cas de changement d’assureur. Faites acter la guérison complète après chaque épisode, avec les paramètres normalisés. Et surtout ne changez pas d’assureur après un premier épisode : le nouveau contrat exclurait l’affection. Voir changer d’assureur.

Le poil dur demande-t-il un toilettage particulier ?#

Oui, une épilation manuelle plutôt qu’une tonte pour préserver la texture du poil, quatre à six fois par an, à 50 à 90 euros la séance sur un nain, davantage sur un géant. Compter 250 à 550 euros par an pour le nain, jamais remboursés. La barbe demande en outre un nettoyage régulier, faute de quoi elle macère et provoque des dermatites du menton, qui sont elles partiellement remboursées mais consomment franchises.

Les trois variétés ont-elles le même profil ?#

Non, et c’est important. Le trio métabolique, hyperlipidémie, pancréatite, calculs, concerne principalement le nain. Le géant présente au contraire le profil classique des grandes races : dysplasies, torsion d’estomac, coût par acte majoré par le gabarit. Le moyen occupe une position intermédiaire. Les assureurs français ne distinguent généralement pas les variétés autrement que par la taille déclarée, ce qui peut créer un écart entre la tarification et le risque réel.

Le diabète du schnauzer est-il évitable ?#

Pas totalement, la composante génétique existant, mais le contrôle de l’hyperlipidémie, du poids et la prévention des pancréatites réduisent nettement le risque. Un diabète installé est une affection lourde : insuline quotidienne, courbes de glycémie, bilans réguliers, alimentation adaptée, pour 700 à 1 600 euros par an à vie. Il est couvert au titre de la garantie maladie, et la franchise annuelle devient alors indispensable vu la fréquence des actes. Voir surpoids et obésité.