Profils de risque par race

Assurance d’un chiot colley

Le colley est la race où deux tests génétiques à 150 euros au total changent plus de choses qu’un comparatif de taux. L’un évite une intoxication médicamenteuse, l’autre ferme par avance un argument d’exclusion.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un chiot colley à poil long de trois mois couché dans l’herbe d’un jardin

Profil de la race#

Chien de berger britannique de 20 à 30 kilos, le colley existe en variétés à poil long et à poil court. Race équilibrée, sensible, d’espérance de vie plutôt favorable, de douze à quatorze ans, elle présente un profil de sinistralité modéré, dominé non pas par des affections coûteuses mais par deux particularités génétiques bien documentées.

Cette longévité a une conséquence contractuelle qu’il faut anticiper : le contrat sera conservé longtemps, et c’est donc le barème d’évolution de la cotisation avec l’âge qui détermine le coût réel, davantage que la cotisation d’entrée. Voir évolution avec l’âge.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquence dans la raceCoût de la prise en chargeÂge habituel
Mutation MDR1, sensibilité médicamenteuseTrès élevée dans la raceCoût indirect, risque iatrogèneCongénital
Anomalie de l’œil du colleyÉlevée0 à 2 500 euros selon la formeDépistable à 6 à 8 semaines
Atrophie rétinienne progressiveModéréePas de traitement, 200 à 400 euros de suivi3 à 6 ans
DermatomyositeNotable, propre aux colleys et shelties600 à 1 600 euros par an3 mois à 1 an
Épillets auriculaires et interdigitésÉlevée, poil long150 à 900 euros par épisodeÉté
Dysplasie de la hancheModérée1 800 à 3 200 euros par hanche1 à 5 ans
HypothyroïdieModérée250 à 500 euros par an, à vie3 ans et plus
Torsion d’estomacModérée1 800 à 3 200 euros en urgence5 ans et plus

La mutation MDR1, la première chose à faire#

Le gène MDR1 code une protéine qui expulse certaines molécules hors des cellules, en particulier au niveau de la barrière entre le sang et le cerveau. Chez les animaux porteurs de la mutation, cette protéine est non fonctionnelle : plusieurs molécules courantes atteignent le système nerveux central à des concentrations toxiques.

La prévalence de la mutation est particulièrement élevée chez le colley, plus que chez toute autre race, et elle concerne également le berger australien, le sheltie, le berger blanc suisse et le border collie dans une moindre mesure.

Les molécules concernées appartennent à plusieurs familles usuelles : certains antiparasitaires, certains antidiarrhéiques, certains anticancéreux, certains sédatifs et antiémétiques. Les signes d’une intoxication sont neurologiques : abattement profond, tremblements, ataxie, cécité transitoire, coma. La prise en charge d’un épisode grave impose une hospitalisation de plusieurs jours, 900 à 2 500 euros, avec un risque vital.

Sur le plan contractuel, deux points. Le test n’est jamais remboursé, aucun forfait prévention ne l’incluant. Et la prise en charge d’une intoxication iatrogène est une zone de discussion : l’assureur peut invoquer la responsabilité du prescripteur, ce qui déplace le dossier vers son assurance professionnelle. La parade est double : un test connu et consigné, et une mention au dossier de la molécule administrée.

L’anomalie de l’œil du colley#

C’est une malformation congénitale du fond de l’œil, présente dès la naissance, de sévérité très variable. Les formes légères, qui sont les plus fréquentes, n’ont aucune conséquence sur la vision et restent silencieuses toute la vie. Les formes sévères, plus rares, comportent un décollement de rétine ou un colobome étendu et peuvent entraîner une perte de vision.

Le point qui compte est le calendrier du dépistage : l’examen du fond de l’œil se fait idéalement entre six et huit semaines, chez l’éleveur, avant que la pigmentation ne masque les lésions légères. Il coûte 40 à 90 euros. Un test génétique existe également.

Sur le plan contractuel, l’affection est congénitale au sens strict, donc exclue par pratiquement tous les contrats, et cette exclusion est fondée. Ce qui se discute est son étendue : une exclusion visant « les affections oculaires » à partir d’une anomalie de l’œil du colley serait disproportionnée, et cela se rencontre. Demandez une rédaction au plus étroit, portant sur l’anomalie nommée et ses conséquences, pas sur l’appareil oculaire entier. Cette négociation se fait à la souscription.

Cotisation observée#

FormuleChiot de 3 moisÀ 5 ansÀ 9 ans
Accident seul11 à 16 euros16 à 23 euros25 à 36 euros
Accident et maladie, intermédiaire30 à 42 euros48 à 70 euros78 à 118 euros
Formule complète48 à 66 euros76 à 106 euros122 à 178 euros

Le colley se situe dans la moyenne du marché, son gabarit modéré et son profil de sinistralité mesuré compensant ses prédispositions. Voir prix par race.

Les clauses à vérifier#

La rédaction de l’exclusion oculaire. À négocier à la souscription, pièces de dépistage à l’appui, pour qu’elle porte sur l’affection nommée et non sur l’appareil.

La couverture de la dermatomyosite. Affection cutanée et musculaire à composante héréditaire, propre aux colleys et shelties, qui se déclare chez le jeune animal et se traite au long cours. Vérifiez qu’elle n’est pas visée par une clause héréditaire large.

L’absence de sous-plafond dermatologique, la dermatomyosite et les affections cutanées du poil long générant des dépenses répétées.

La franchise annuelle, pour la même raison, et parce que les épisodes d’épillets sont saisonniers et multiples sur les races à poil long.

Un plafond annuel de 3 000 euros, justifié par le gabarit moyen et la possibilité d’une chirurgie orthopédique.

La prise en charge des affections auriculaires sans sous-plafond. Les épillets et les otites sur oreilles poilues sont fréquents. Faites qualifier chaque épillet comme accident avec ses circonstances, plutôt que de laisser s’accumuler des libellés d’otite qui construisent une chronicité auriculaire. Voir épillets.

Questions fréquentes#

Le test MDR1 est-il obligatoire ?#

Aucun texte ne l’impose, mais il est recommandé par la profession vétérinaire sur les races concernées, et il devrait être considéré comme faisant partie du dossier de base d’un colley. Il ne se fait qu’une fois dans la vie de l’animal. Beaucoup d’éleveurs sérieux testent leurs reproducteurs et communiquent le statut probable des chiots ; demandez-le, cela peut vous dispenser du test ou au contraire le rendre indispensable.

Une intoxication MDR1 est-elle prise en charge ?#

Elle relève de la garantie maladie en tant qu’affection survenue en cours de contrat, et elle est généralement prise en charge. Deux nuances. Si la molécule a été administrée par un vétérinaire alors que le statut MDR1 était connu et consigné, la responsabilité professionnelle du prescripteur peut être engagée, et votre assureur peut exercer une subrogation. Si vous avez administré vous-même un produit en vente libre, la clause de négligence peut être tentée, sans être solide. Dans les deux cas, la traçabilité du statut MDR1 au dossier joue en votre faveur.

Le poil long coûte-t-il plus cher en entretien ?#

Oui, et ce poste n’est jamais remboursé. Toilettage professionnel deux à quatre fois par an, 50 à 90 euros la séance, brossage régulier à domicile, tonte des espaces interdigités en été. Compter 200 à 450 euros par an, hors contrat. En contrepartie, un entretien correct réduit les épisodes d’épillets et de dermatites de macération, qui sont eux partiellement remboursés mais consomment franchises et plafond.

Le colley est-il sensible aux affections oculaires en général ?#

Il présente deux affections oculaires distinctes : l’anomalie de l’œil du colley, congénitale, et l’atrophie rétinienne progressive, d’apparition plus tardive. Cette seconde affection est dégénérative et sans traitement, et son diagnostic n’ouvre qu’un suivi. Elle est également à composante héréditaire et donc exposée aux clauses d’exclusion. Le dépistage des ascendants est l’élément de prévention le plus utile, en amont de l’achat.

Faut-il assurer un colley à poil court différemment ?#

Non sur le fond, les prédispositions génétiques étant identiques entre les deux variétés. Deux différences pratiques seulement : le poil court est moins exposé aux épillets et aux dermatites de macération, et son entretien coûte moins cher. La cotisation est identique, les assureurs français ne distinguant pas les variétés de poil au sein d’une race.