Prix et budget

Le prix selon l’âge à la souscription

L’âge à la souscription ne change pas seulement la cotisation. Il change ce que le contrat couvrira, parce que chaque année écoulée ajoute des lignes au dossier médical, donc des exclusions.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un propriétaire compare des tarifs d’assurance sur son ordinateur portable

Deux effets, dont un seul est visible#

L’âge à la souscription produit deux effets, et les comparateurs n’en montrent qu’un.

L’effet tarifaire, visible. La cotisation d’entrée augmente avec l’âge de l’animal, de façon modérée jusqu’à trois ans puis plus nettement. Un chien souscrit à huit ans paie 60 à 110 pour cent de plus qu’un chiot de trois mois, pour la même formule.

L’effet de couverture, invisible. Chaque année écoulée ajoute des lignes au dossier médical de l’animal. À trois mois, le dossier est vierge : aucune exclusion possible. À deux ans, il contient souvent une boiterie, un épisode digestif, une otite. À cinq ans, il contient fréquemment une affection chronique débutante. Chaque ligne est une exclusion potentielle, définitive.

Le second effet est beaucoup plus coûteux que le premier, et c’est ce que cette page cherche à chiffrer.

Les cotisations par âge à la souscription#

Pour une race moyenne de 20 à 30 kilos, sans antécédent, formule intermédiaire à 80 pour cent avec plafond de 2 500 euros.

Âge à la souscriptionCotisation mensuelle d’entréeExclusions probablesAcceptation
2 à 4 mois28 à 42 eurosAucuneSystématique
6 à 12 mois30 à 46 eurosRares, liées aux épisodes de croissanceSystématique
1 à 2 ans33 à 50 eurosUne à deux, selon le carnet de santéSystématique
2 à 4 ans38 à 58 eurosDeux à quatreGénéralement acceptée
4 à 6 ans44 à 68 eurosTrois à cinq, souvent une chroniqueAcceptée, parfois avec réserves
6 à 8 ans54 à 84 eurosNombreuses, dont une ou deux chroniquesVariable selon l’assureur
8 à 10 ans68 à 110 eurosTrès nombreusesRefus fréquents, ou formule senior limitée
Au-delà de 10 ansSouvent non assurableSans objetRefus dans la majorité des cas

Deux enseignements. L’écart de cotisation entre un chiot et un chien de six ans est d’environ 90 pour cent : significatif mais pas prohibitif. En revanche, à partir de six ans, l’acceptation devient incertaine et les exclusions deviennent nombreuses, ce qui vide le contrat de son intérêt.

Le calcul honnête sur la vie de l’animal#

Comparons quatre stratégies sur un chien qui vivra treize ans, race moyenne, en supposant une progression annuelle de la cotisation de 8 pour cent.

StratégieCotisations cumuléesRemboursements attendusRésultat net
Souscription à 3 mois, formule intermédiaire6 800 à 8 100 euros4 200 à 8 500 eurosDéfavorable en moyenne, favorable sur le scénario lourd
Souscription à 3 ans, formule intermédiaire5 900 à 7 000 euros2 800 à 5 500 eurosNettement moins favorable, exclusions en place
Souscription à 6 ans, formule intermédiaire4 700 à 5 800 euros1 400 à 3 200 eurosDéfavorable, sauf sinistre lourd sur un appareil non exclu
Aucune assurance, provisionnement0 euro0 euroFavorable en moyenne, catastrophique sur le scénario lourd

Le tableau dit deux choses qu’il faut prendre au sérieux.

Premièrement, souscrire tard n’économise pas d’argent : cela réduit la cotisation cumulée de 20 à 30 pour cent et les remboursements de 50 à 65 pour cent. Le rapport se dégrade.

Deuxièmement, en moyenne, l’assurance santé animale n’est pas une opération rentable, et aucune page de ce site ne prétendra le contraire. Elle est un transfert de risque : elle convertit une dépense incertaine et potentiellement ruineuse en une dépense certaine et modérée. Son intérêt se juge sur le scénario défavorable, pas sur la moyenne. Voir est-ce rentable.

Les trois fenêtres de décision#

La fenêtre optimale : les quinze jours suivant l’arrivée du chiot. Dossier médical vierge, aucune exclusion possible, cotisation la plus basse, carences écoulées avant la période la plus risquée. C’est la seule fenêtre où le contrat couvre l’intégralité du risque futur.

La fenêtre acceptable : avant deux ans. Le dossier contient peut-être une ou deux lignes, souvent des épisodes bénins de croissance. Les exclusions sont limitées et négociables, si ces épisodes ont été correctement qualifiés et clos. Voir boiterie du chiot.

La fenêtre de rattrapage : entre deux et six ans. Le contrat garde un intérêt réel, sur tout ce qui n’est pas encore constaté, et notamment sur l’accident et la chirurgie. Il faut simplement lire attentivement la liste des exclusions particulières ajoutées aux conditions particulières, et vérifier qu’elle porte sur des affections nommées et non sur des appareils entiers.

Au-delà de six ans, la question se pose différemment : le contrat ne couvrira souvent que l’accident et les affections d’organes encore sains, ce qui reste utile sur une chirurgie traumatique mais n’a plus grand-chose à voir avec une couverture complète.

Le cas de l’animal adopté adulte#

C’est une situation fréquente et mal documentée. Un chien adopté en refuge à quatre ou cinq ans a un dossier médical souvent incomplet ou inconnu, ce qui crée une situation paradoxale.

L’avantage : l’assureur ne peut pas opposer une antériorité qu’il ne peut pas établir, la charge de la preuve pesant sur lui. Un dossier médical vide est, de ce point de vue, plus favorable qu’un dossier médical détaillé.

L’inconvénient : vous ignorez ce que l’animal a eu, et une affection latente peut se déclarer dans les premiers mois, donc pendant ou juste après la carence, avec le risque d’être traitée comme antérieure.

La conduite utile tient en trois points. Souscrire immédiatement, avant toute consultation approfondie. Faire réaliser un examen complet avec certificat de bonne santé juste après la prise d’effet, pas avant, ce qui fixe l’état de santé initial à une date postérieure à la souscription. Et déclarer exactement ce que le refuge vous a communiqué, ni plus ni moins. Voir questionnaire de santé.

Questions fréquentes#

La cotisation d’un chien souscrit tard rattrape-t-elle celle d’un chien souscrit tôt ?#

Non, et c’est un point souvent mal compris. Deux chiens du même âge, l’un assuré depuis ses trois mois et l’autre depuis ses six ans, ne paient pas la même chose : le second paie généralement plus, parce que sa tarification d’entrée s’est calée sur son âge à la souscription et que la progression s’applique ensuite à cette base plus élevée. Souscrire tôt fixe une base basse pour toute la durée du contrat.

Existe-t-il des formules spécifiques pour les chiens âgés ?#

Oui, des formules dites senior, qui permettent d’assurer un animal au-delà de l’âge limite habituel. Elles présentent deux limites structurelles : un plafond abaissé, souvent 1 000 à 1 500 euros, et l’exclusion de toutes les affections chroniques déjà constatées, ce qui retire du champ l’essentiel de ce qui survient à cet âge. Elles ont un intérêt pour un animal jamais assuré et encore sain, et aucun pour un animal déjà couvert, dont le contrat initial est toujours plus favorable.

Faut-il assurer un chien de dix ans ?#

Rarement, et la réponse honnête est le plus souvent non. À cet âge, les acceptations sont rares, les plafonds sont bas, les exclusions nombreuses, et la cotisation élevée. Le provisionnement est généralement plus rationnel : mettre de côté l’équivalent de la cotisation, soit 80 à 130 euros par mois, constitue en deux ans une réserve supérieure au plafond annuel d’une formule senior. Voir assurance ou épargne.

L’âge de la race entre-t-il en compte ?#

Indirectement, oui. Certains assureurs abaissent l’âge limite de souscription pour les races dont l’espérance de vie est courte, races géantes notamment, à cinq ou six ans contre sept à neuf ans pour les races moyennes. Sur un saint-bernard ou un dogue allemand, la fenêtre de souscription se ferme donc plus tôt, ce qui renforce la recommandation de souscrire chez le chiot. Voir saint-bernard.

Peut-on assurer deux chiens d’âges très différents ?#

Oui, chacun avec son propre contrat et sa propre tarification, même en formule multi-animaux. La réduction multi-animaux porte sur la cotisation, jamais sur les garanties, et chaque animal conserve son plafond, sa franchise et ses carences. Méfiez-vous en revanche des rares contrats familiaux à plafond commun : un sinistre lourd sur l’animal âgé épuiserait la couverture du jeune. Voir assurance multi-animaux.