Profils de risque par race

Assurance d’un chiot saint-bernard

Sur un saint-bernard, la question n’est pas le taux de remboursement mais le plafond. Chaque acte coûte le double de son équivalent sur un chien de taille moyenne, et la sinistralité se concentre sur huit ans au lieu de treize.

Mis à jour le 8 min de lecture

Un chiot saint-bernard de cinq mois couché sur une terrasse de pierre à côté de son propriétaire

Profil de la race#

Molosse de montagne suisse, le saint-bernard adulte pèse 60 à 85 kilos pour les mâles, 50 à 70 kilos pour les femelles. C’est l’un des trois plus grands gabarits couramment détenus en France, avec le dogue allemand et le terre-neuve.

Son espérance de vie est de huit à dix ans, l’une des plus courtes de l’espèce, conséquence connue du gigantisme. Cette brièveté a un effet contractuel direct : la sinistralité se concentre sur une période courte, avec une montée rapide des dépenses à partir de cinq ans, alors que la cotisation n’a pas encore atteint ses niveaux les plus élevés. Contrairement aux petites races, l’arbitrage de résiliation en fin de vie se pose moins, parce que la période coûteuse arrive plus tôt.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquence dans la raceCoût de la prise en chargeÂge habituel
Dysplasie de la hancheÉlevée2 500 à 4 500 euros par hanche1 à 4 ans
Dysplasie du coudeÉlevée2 000 à 3 600 euros par coude6 à 18 mois
Torsion d’estomacÉlevée, thorax très profond2 500 à 4 500 euros en urgence3 ans et plus
OstéosarcomeNotable, race à risque2 500 à 6 000 euros6 ans et plus
Cardiomyopathie dilatéeNotable800 à 2 000 euros par an5 ans et plus
Entropion et ectropionÉlevée, paupières relâchées600 à 1 300 euros par œil6 mois à 3 ans
Rupture du ligament croiséNotable2 500 à 4 000 euros par genou3 à 7 ans
Ostéochondrose de l’épaule et du genouNotable1 500 à 3 000 euros5 à 14 mois
ÉpilepsieModérée2 500 à 4 000 euros la première année1 à 5 ans

Le coût du gabarit, chiffré précisément#

C’est le sujet central de cette page, et il est arithmétique. Les tarifs vétérinaires intègrent le poids pour trois raisons objectives : les doses médicamenteuses sont proportionnelles, la durée d’anesthésie et la quantité de gaz augmentent, et le matériel chirurgical, implants et plaques, est plus grand et plus coûteux.

ActeChien de 10 kgChien de 30 kgSaint-bernard, 70 kg
Consultation40 à 65 euros45 à 70 euros50 à 80 euros
Anesthésie complète300 à 550 euros400 à 700 euros600 à 1 100 euros
Nuit d’hospitalisation70 à 120 euros90 à 150 euros130 à 210 euros
Stérilisation ou castration200 à 380 euros330 à 520 euros480 à 780 euros
Chirurgie de corps étranger900 à 1 500 euros1 400 à 2 200 euros2 100 à 3 200 euros
Prothèse totale de hanche2 200 à 3 500 euros2 800 à 4 200 euros3 500 à 5 500 euros
Traitement anti-inflammatoire mensuel25 à 45 euros45 à 80 euros90 à 160 euros
Radiographies sous sédation200 à 350 euros250 à 420 euros350 à 600 euros
Traitement cardiaque mensuel40 à 70 euros60 à 110 euros110 à 190 euros

L’écart entre un chien de 10 kilos et un saint-bernard est d’un facteur deux à deux et demi sur la plupart des lignes. Sur les traitements chroniques mensuels, il atteint un facteur trois et demi.

La torsion d’estomac, et la question de la gastropexie#

Le saint-bernard figure parmi les races les plus exposées à la torsion d’estomac, en raison de son thorax très profond. L’estomac se remplit de gaz, pivote sur son axe, et la torsion coupe sa vascularisation et bloque l’évacuation. Le pronostic se compte en heures.

La prise en charge en urgence coûte 2 500 à 4 500 euros sur ce gabarit, avec une mortalité qui reste significative malgré une prise en charge correcte, et davantage encore si une résection de l’estomac ou de la rate est nécessaire.

La gastropexie préventive fixe l’estomac à la paroi abdominale et supprime pratiquement le risque de torsion. Sur cette race, c’est une discussion à avoir avec votre vétérinaire, en particulier au moment de la stérilisation, puisque la mutualisation de l’anesthésie réduit fortement le coût. Réalisée seule sur un saint-bernard, elle coûte 900 à 1 700 euros ; réalisée dans le même temps qu’une stérilisation, le supplément est de 400 à 800 euros.

Elle n’est pratiquement jamais remboursée, étant considérée comme préventive. C’est donc une dépense à votre charge qui évite un sinistre à 3 500 euros partiellement remboursé, avec un risque vital. Sur les trois plus grands gabarits, le calcul penche nettement en faveur de l’intervention préventive. Voir torsion d’estomac.

Cotisation observée#

FormuleChiot de 3 moisÀ 4 ansÀ 8 ans
Accident seul16 à 24 euros24 à 36 euros38 à 56 euros
Accident et maladie, intermédiaire48 à 68 euros76 à 108 euros120 à 180 euros
Formule complète70 à 96 euros110 à 155 euros175 à 250 euros

Le saint-bernard figure dans le quart le plus coûteux du marché. L’espérance de vie plus courte a un effet paradoxal favorable : le cumul de cotisations sur la vie de l’animal reste comparable à celui d’une race moyenne plus longévive. Voir coût sur la vie du chien.

Les clauses à vérifier#

Le plafond annuel, 4 000 euros au minimum. Premier critère, très loin devant tous les autres.

La clause héréditaire appliquée aux dysplasies. Cherchez une clause limitée aux affections établies par test ou dépistage officiel. Une clause large exclut les deux dysplasies, soit les deux premiers postes du tableau. Voir maladies héréditaires.

La prise en charge de la rééducation postopératoire. Sur un chien de 70 kilos, la récupération musculaire après chirurgie orthopédique conditionne entièrement le résultat fonctionnel. Dix à vingt séances coûtent 700 à 1 800 euros. Souvent rangée dans les médecines complémentaires exclues. Voir médecines complémentaires.

L’absence de sous-plafond médicaments. Un traitement anti-inflammatoire chronique sur ce gabarit coûte 1 100 à 1 900 euros par an. Un sous-plafond médicaments à 600 euros en couvre le tiers.

La couverture de l’oncologie, chimiothérapie comprise. L’ostéosarcome est une réalité des races géantes, et son traitement associe chirurgie, parfois amputation, et chimiothérapie. Un contrat qui exclut la chimiothérapie est inadapté à cette race.

La franchise annuelle, en raison de la fréquence des actes chroniques.

Questions fréquentes#

Existe-t-il un âge limite de souscription plus bas sur les races géantes ?#

Oui chez certains assureurs, qui abaissent l’âge limite de souscription à cinq ou six ans pour les races dont l’espérance de vie est courte, contre sept à neuf ans pour les races moyennes. Vérifiez ce point avant d’attendre : sur un saint-bernard, un contrat souscrit à quatre ans peut déjà être refusé chez certains acteurs. La règle pratique est simple : sur une race géante, la souscription se fait chez le chiot, pas plus tard. Voir âge limite de souscription.

La croissance doit-elle être ralentie ?#

Oui, et c’est le levier de prévention le plus puissant dont vous disposez. Un chiot de race géante nourri à volonté avec un aliment trop énergétique présente un risque documenté accru d’ostéochondrose, de panostéite et de dysplasie symptomatique. Une croissance régulière et plutôt lente, avec un aliment formulé pour les grandes races et une ration pesée recalculée toutes les trois semaines, réduit ces risques. C’est aussi la période où l’exercice doit être limité : pas de saut, pas d’escalier répété, pas de course sur sol dur avant quinze à dix-huit mois. Voir croissance et alimentation.

Le saint-bernard est-il concerné par la brachycéphalie ?#

Il a un museau raccourci sans être un brachycéphale au sens strict, et il ne présente pas le syndrome obstructif des bouledogues et des carlins. Deux conséquences pratiques subsistent néanmoins : une sensibilité réelle à la chaleur, qui impose une vigilance en période estivale, et une tendance au relâchement des paupières avec entropion ou ectropion. La correction chirurgicale des paupières est fonctionnelle et remboursable dès lors que le retentissement cornéen est documenté. Voir coup de chaleur.

Le poids du chien fait-il varier la cotisation ?#

Pas directement. Les assureurs français tarifent sur la race, l’âge et le département, pas sur le poids déclaré. La race porte donc l’information de gabarit, ce qui explique qu’un croisé de grande taille soit parfois tarifé plus favorablement qu’une race géante identifiée. Sur le plan des remboursements, en revanche, le poids joue pleinement puisqu’il détermine le coût des actes. Voir assurance d’un chien croisé.

Faut-il une garantie décès sur une race géante ?#

C’est l’une des rares situations où la question mérite examen, en raison du risque de torsion d’estomac et de l’espérance de vie courte. La réponse reste le plus souvent non, pour deux raisons techniques : l’indemnité est calculée sur la valeur d’achat avec un barème dégressif qui la réduit fortement dès quelques années, et beaucoup de contrats excluent le décès consécutif à une affection à composante héréditaire. Lisez la clause avant de payer l’option, et comparez l’indemnité réelle attendue au cumul des primes. Voir décès et obsèques.