Santé du chiot et coûts vétérinaires

Le coup de chaleur

Le chien ne transpire pas. Il évacue sa chaleur par le halètement, et ce système sature. Passé quarante-et-un degrés de température interne, les organes commencent à défaillir, et le délai de refroidissement décide du pronostic.

Mis à jour le 6 min de lecture

Un chien halète à l’ombre d’un arbre un jour de canicule, gamelle d’eau à ses pieds

Pourquoi le chien y est vulnérable#

L’être humain régule sa température par la sudation sur toute la surface du corps. Le chien ne dispose de glandes sudoripares que sur les coussinets et la truffe, ce qui est marginal. Il évacue sa chaleur presque exclusivement par le halètement : l’air circule sur les muqueuses humides de la bouche et des voies respiratoires, et l’évaporation refroidit le sang qui y circule.

Ce système a deux limites. Il perd son efficacité quand l’air est chaud, et il la perd presque totalement quand l’air est humide, l’évaporation devenant impossible. Un chien peut donc succomber à trente degrés avec quatre-vingts pour cent d’humidité alors qu’il supporterait trente-cinq degrés en air sec.

Au-delà de quarante-et-un degrés de température interne, les protéines cellulaires se dénaturent. Suivent une défaillance digestive, rénale, hépatique, puis des troubles de la coagulation. Le pronostic dépend de la durée passée au-dessus de ce seuil.

Les situations qui provoquent des coups de chaleur#

SituationNiveau de risque
Véhicule à l’arrêt, même à l’ombre, même vitres entrouvertesExtrême, quelques minutes suffisent
Effort physique par temps chaudTrès élevé
Chien attaché en plein soleil sans eauTrès élevé
Transport en cage mal ventiléeÉlevé
Course derrière un véloÉlevé, le chien ne s’arrête pas
Jeu de balle prolongéÉlevé, la motivation masque l’épuisement
Pièce fermée sans ventilationÉlevé
Chien brachycéphale à vingt-cinq degrés au reposModéré à élevé

Les signes, par ordre de gravité#

Phase précoce

  • Halètement intense et bruyant, langue élargie et pendante.
  • Salivation abondante et épaisse.
  • Agitation, recherche d’un endroit frais.
  • Muqueuses rouge vif.

Phase d’alerte

  • Vomissements, diarrhée parfois sanglante.
  • Démarche titubante, faiblesse.
  • Halètement qui devient inefficace, respiration superficielle.
  • Muqueuses qui pâlissent ou deviennent grises.

Phase critique

  • Perte de conscience, convulsions.
  • Saignements, pétéchies sur les muqueuses.
  • Collapsus.

Les gestes, immédiatement#

Les races et profils à risque#

ProfilRaison
Brachycéphales, bouledogues, carlins, boxersHalètement peu efficace par obstruction des voies aériennes
Chiens à pelage épais et sous-poil dense, husky, terre-neuveIsolation thermique
Chiens en surpoidsIsolation, moindre tolérance à l’effort
Chiots et chiens âgésThermorégulation moins performante
Chiens noirsAbsorption solaire supérieure
Chiens à collapsus trachéal ou paralysie laryngéeVoies aériennes déjà compromises
Chiens cardiaquesMoindre réserve circulatoire

Chez un bouledogue français, le coup de chaleur est l’une des premières causes de décès évitable. Voir syndrome brachycéphale.

Le coût#

Prise en chargeCoût
Consultation et surveillance courte150 à 400 euros
Hospitalisation 24 heures, perfusion, bilans400 à 800 euros
Soins intensifs 2 à 3 jours800 à 1 800 euros
Complications, troubles de la coagulation1 500 à 3 000 euros
Plasma ou transfusion300 à 700 euros de supplément

Le traitement contractuel#

Le coup de chaleur est généralement classé en accident, l’origine étant une cause extérieure soudaine. Quelques contrats le rangent en maladie, ce qui allonge considérablement la carence applicable.

Pour un chiot brachycéphale assuré au printemps, cette distinction n’est pas théorique : le risque est réel dès le premier été, parfois avant la fin de la carence maladie. Vérifiez la qualification par écrit avant de signer.

Deux autres points :

  • La clause de défaut de surveillance pourrait théoriquement être invoquée dans les cas les plus caractérisés, un chien laissé en voiture par exemple. C’est rare mais la clause existe dans certains contrats.
  • L’hospitalisation en soins intensifs consomme vite un sous-plafond journalier. Trois jours à 250 euros représentent 750 euros de séjour, retenus à 210 euros sur un plafond de 70 euros par jour. Voir garantie hospitalisation.

Prévenir, concrètement#

  1. Sorties tôt le matin et tard le soir de mai à septembre.
  2. Test du dos de la main sur le bitume : si vous ne pouvez pas y laisser la main cinq secondes, le sol brûle les coussinets et rayonne sur le chien.
  3. Eau fraîche disponible en permanence, plusieurs points d’eau à l’intérieur.
  4. Tapis rafraîchissant ou carrelage accessible, jamais de couverture en été.
  5. Aucun effort au-delà de vingt-cinq degrés pour un brachycéphale, au-delà de vingt-huit pour les autres.
  6. Jamais de muselière fermée par temps chaud : elle empêche le halètement.
  7. En voiture, climatisation en marche et arrêts réguliers, jamais de chien seul.

Questions fréquentes#

Quelle température interne est alarmante ?#

La température rectale normale du chien se situe entre trente-huit et trente-neuf degrés. Au-delà de quarante, on parle d’hyperthermie. Au-delà de quarante-et-un, le risque de défaillance d’organes devient majeur. Un thermomètre rectal dans la trousse de secours est un investissement de dix euros utile.

Faut-il tondre un chien à poil long en été ?#

Cela dépend de la race. Chez les chiens à sous-poil dense comme le husky ou le berger allemand, le pelage joue aussi un rôle d’isolant contre la chaleur et protège des coups de soleil : la tonte rase est déconseillée. Un brossage intensif pour retirer le sous-poil mort est plus efficace. Demandez l’avis de votre vétérinaire selon la race.

Un chien peut-il faire un coup de chaleur en hiver ?#

Oui, dans un véhicule au soleil, dans une pièce surchauffée, ou lors d’un effort intense avec un manteau. Le risque est saisonnier mais pas exclusivement estival.

La récupération est-elle complète ?#

Dans les formes précoces et traitées rapidement, oui. Les formes sévères peuvent laisser des séquelles rénales ou neurologiques. Un chien ayant fait un coup de chaleur reste par ailleurs plus sensible aux épisodes suivants, ce qui impose une vigilance renforcée les étés suivants.