Santé du chiot et coûts vétérinaires

La leptospirose

Une flaque, une mare, un caniveau. La leptospirose se contracte en buvant ou en barbotant, elle attaque le rein et le foie, et c’est l’une des rares maladies du chien réellement dangereuses pour l’humain du foyer.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un chiot sous perfusion dans une cage d’hospitalisation vétérinaire

Une bactérie de l’eau et des rongeurs#

La leptospirose est due à des bactéries du genre Leptospira, excrétées dans l’urine des rongeurs et de nombreux mammifères. Elles survivent des semaines dans l’eau douce tiède et les sols humides. La contamination se fait par ingestion d’eau souillée, par barbotage, ou par pénétration à travers une plaie ou une muqueuse.

Les situations à risque sont précises et identifiables : mares et étangs, rivières lentes, flaques persistantes, caniveaux urbains, jardins fréquentés par des rats, terrains inondables, fossés. Les chiens de chasse, les chiens de ferme et les chiens urbains qui boivent dans les flaques sont les plus exposés. Le pic saisonnier se situe de l’été à l’automne, quand les eaux sont tiedes et basses, mais des cas surviennent toute l’année.

Une fois dans l’organisme, la bactérie diffuse par le sang et se fixe préférentiellement sur le rein et le foie. C’est une maladie à évolution rapide : de l’apparition des premiers signes à l’insuffisance rénale, il peut s’écouler moins de quarante-huit heures. Cette vitesse est ce qui distingue la leptospirose des autres causes d’atteinte rénale et ce qui fait que le pronostic dépend presque entièrement de la précocité du traitement.

Les signes, et la difficulté du diagnostic#

Le tableau est variable, ce qui explique que le diagnostic soit souvent posé avec un jour de retard.

Forme aiguë ictérique. Fièvre, abattement profond, vomissements, muqueuses et blanc de l’œil jaunes, urines foncées, parfois arrêt total de la production d’urine. C’est la forme la plus grave et la plus reconnaissable.

Forme rénale. Abattement, vomissements, augmentation puis effondrement de la production d’urine, haleine urémique. Elle peut être confondue avec toute autre cause d’insuffisance rénale aiguë, dont l’intoxication.

Forme hémorragique. Saignements de nez, sang dans les selles, hématomes spontanés, pétéchies sur la face interne des cuisses.

Forme pulmonaire hémorragique. Détresse respiratoire, toux avec sang. Rare et de pronostic très sombre.

Forme fruste. Fièvre et abattement transitoires qui rétrocèdent spontanément. L’animal reste porteur et excréteur.

Le coût de la prise en charge#

PosteDétailCoût observé
Consultation d’urgenceSouvent hors horaires45 à 200 euros
Bilan sanguin complet, rénal et hépatiqueDiagnostic d’orientation, gravité130 à 260 euros
Analyse d’urineFonction rénale, densité, protéines30 à 60 euros
Sérologie ou biologie moléculaireConfirmation, résultat en 2 à 7 jours90 à 200 euros
Échographie abdominaleRein, foie, épanchement90 à 180 euros
Hospitalisation, 4 à 10 joursIsolement, perfusion, surveillance urinaire90 à 170 euros par jour
AntibiothérapieDeux phases, pénicilline puis doxycycline100 à 250 euros
Transfusion ou plasmaForme hémorragique350 à 800 euros
Dialyse péritonéaleInsuffisance rénale anurique, référés900 à 2 500 euros
Suivi rénalBilans à un mois, trois mois, six mois200 à 450 euros

Une forme prise à temps et traitée en ambulatoire coûte 400 à 800 euros. Une forme hospitalisée atteint 1 200 à 2 800 euros. Une forme anurique nécessitant une épuration extra-rénale dépasse 3 500 euros, avec un pronostic réservé. Et quand le rein garde des séquelles, une insuffisance rénale chronique s’installe, avec 600 à 1 500 euros par an pour le reste de la vie de l’animal.

Le traitement contractuel#

La leptospirose est une maladie infectieuse acquise : elle relève de la garantie maladie, sans clause héréditaire applicable. Deux points méritent attention.

La clause vaccinale, avec une nuance importante. La leptospirose fait partie du protocole vaccinal de base en France, ce qui expose à la clause vaccinale en cas de retard de rappel. Mais la vaccination ne couvre qu’un nombre limité de sérogroupes, alors que de nombreux sérogroupes circulent. Un chien correctement vacciné peut donc parfaitement contracter une leptospirose due à un sérogroupe non couvert. C’est un argument solide et rarement utilisé : si un assureur oppose la clause vaccinale à un animal à jour, la réponse est que la protection vaccinale est par nature partielle et que le vaccin n’a jamais prétendu couvrir tous les sérogroupes. Faites établir par votre vétérinaire un certificat le précisant.

Le plafond, en cas de séjour long. Dix jours d’hospitalisation avec surveillance rénale consomment 1 500 à 2 500 euros à eux seuls. Sur un plafond annuel de 1 500 euros, le reste à charge est immédiat et l’éventuel suivi rénal de l’année n’est plus couvert. Voir plafond annuel et garantie hospitalisation.

Un risque pour le foyer#

La leptospirose est une zoonose, et c’est le seul point de cette page qui ne concerne pas l’assurance de l’animal. L’urine d’un chien infecté est contaminante pendant l’excrétion, qui peut se prolonger plusieurs semaines après le début du traitement.

Les précautions sont simples et non négociables pendant cette période. Gants pour nettoyer les urines, lavage des mains systématique, nettoyage des zones souillées à l’eau de Javel diluée, éviction des zones de jeu des enfants, pas de léchage du visage. Les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les jeunes enfants du foyer doivent être particulièrement protégés.

Chez l’humain, la maladie donne un syndrome pseudo-grippal qui peut évoluer vers une atteinte rénale et hépatique sévère. Si un membre du foyer développe une fièvre inexpliquée dans les trois semaines suivant le diagnostic du chien, mentionnez le contexte à son médecin : c’est une information qui oriente immédiatement la prise en charge.

Questions fréquentes#

Le vaccin contre la leptospirose est-il efficace ?#

Partiellement, et il faut le dire précisément plutôt que de laisser croire à une protection totale. Les vaccins disponibles en France couvrent deux à quatre sérogroupes parmi ceux qui circulent le plus, alors que d’autres sérogroupes sont régulièrement impliqués dans des cas cliniques. Un chien vacciné est protégé contre les formes les plus fréquentes et développe généralement des formes moins graves lorsqu’il est infecté par un sérogroupe non couvert. La vaccination reste donc pleinement justifiée, en particulier chez les chiens exposés, et un rappel annuel est la règle, la durée d’immunité étant plus courte que pour les autres valences.

Un chien qui ne va jamais près de l’eau est-il à l’abri ?#

Non. La contamination urbaine par l’urine de rongeurs existe, dans les caves, les jardins, les composteurs, les parcs, les caniveaux. Un chien qui boit dans une flaque de trottoir en été peut se contaminer. Le risque est plus faible qu’un chien de chasse en zone humide, il n’est pas nul, et c’est la raison pour laquelle cette valence figure dans le protocole de base et non dans les valences optionnelles liées au mode de vie.

Les séquelles rénales sont-elles prises en charge ?#

Oui, en tant que suite d’une affection garantie, dès lors que l’épisode initial était couvert. Le suivi d’une insuffisance rénale chronique séquellaire consiste en bilans biologiques réguliers, parfois un traitement médicamenteux, et une alimentation adaptée. Les deux premiers sont remboursables, l’alimentation thérapeutique presque jamais. Sur ce profil, la franchise annuelle est nettement préférable à la franchise par acte, les actes étant fréquents et de coût unitaire modéré.

Faut-il isoler le chien des autres animaux du foyer ?#

Oui pendant la phase d’excrétion, et la durée est à demander à votre vétérinaire, l’antibiothérapie réduisant l’excrétion sans l’arrêter immédiatement. Les autres chiens du foyer doivent être vérifiés quant à leur statut vaccinal et surveillés. Un traitement préventif des congénères exposés se discute au cas par cas. En formule multi-animaux, rappelez-vous que deux animaux malades ouvrent deux dossiers et deux franchises. Voir assurance multi-animaux.

Une leptospirose guérie laisse-t-elle une exclusion ?#

Un épisode aigu guéri sans séquelle rénale documentée ne fonde aucune exclusion : c’est une affection aiguë résolutive. La difficulté apparaît lorsqu’une insuffisance rénale chronique s’installe, puisqu’elle devient un antécédent qui sera exclu par tout nouveau contrat. Faites acter la guérison complète et la normalité du bilan rénal de contrôle sur le carnet de santé : cette mention est ce qui empêche la construction ultérieure d’un antécédent rénal.