Santé du chiot et coûts vétérinaires
Vermifuge et antiparasitaires
Un protocole oublié coûte 60 euros d’économie et peut faire tomber une garantie sur une piroplasmose à 500 euros. Les antiparasitaires sont, contractuellement, aussi importants que les vaccins.
Les parasites internes du chiot#
Un chiot est presque systématiquement porteur de parasites digestifs à la naissance, par transmission transplacentaire ou par le lait maternel.
| Parasite | Transmission | Conséquences | Zoonose |
|---|---|---|---|
| Ascaris | Transplacentaire, lait, environnement | Retard de croissance, ventre ballonné, diarrhée | Oui |
| Ankylostomes | Cutanée, orale, lait | Anémie, diarrhée hémorragique | Oui |
| Trichures | Orale, sol contaminé | Diarrhée chronique du gros intestin | Non |
| Ténias | Puces, rongeurs, viande crue | Amaigrissement, irritation anale | Oui, certaines espèces |
| Coccidies | Orale, milieu dense | Diarrhée, déshydratation | Non |
| Giardias | Orale, eau contaminée | Diarrhée chronique intermittente | Oui |
Plusieurs de ces parasites sont transmissibles à l’humain, ce qui rend la vermifugation particulièrement importante dans un foyer avec de jeunes enfants.
Le protocole de vermifugation#
| Période | Fréquence |
|---|---|
| De 2 semaines à 2 mois | Toutes les 2 semaines |
| De 2 à 6 mois | Une fois par mois |
| De 6 à 12 mois | Tous les 2 à 3 mois |
| Adulte | 2 à 4 fois par an selon le mode de vie |
Ce rythme soutenu chez le jeune s’explique par le cycle des ascaris : le vermifuge élimine les formes adultes mais pas toujours les larves enkystées, qui reprennent leur développement ensuite.
Le choix de la molécule appartient au vétérinaire. Les produits à large spectre ne couvrent pas tous les giardias, qui nécessitent un traitement spécifique après diagnostic par coproscopie.
Les parasites externes#
| Parasite | Période | Risque principal |
|---|---|---|
| Puces | Toute l’année, pic estival | Dermatite allergique, ténia, anémie chez le chiot |
| Tiques | Mars à novembre, selon la région | Piroplasmose, maladie de Lyme, ehrlichiose |
| Aoûtats | Été et début d’automne | Démangeaisons intenses |
| Phlébotomes | Pourtour méditerranéen, mai à octobre | Leishmaniose |
| Gale sarcoptique | Toute l’année | Prurit intense, contagieuse |
| Demodex | Chiot et jeune chien | Démodécie juvénile localisée ou généralisée |
Les maladies vectorielles et leur coût#
| Maladie | Vecteur | Coût du traitement |
|---|---|---|
| Piroplasmose | Tique | 150 à 600 euros, davantage si insuffisance rénale |
| Maladie de Lyme | Tique | 200 à 500 euros |
| Ehrlichiose | Tique | 250 à 700 euros |
| Leishmaniose | Phlébotome | 600 à 1 500 euros la première année, traitement à vie |
| Dermatite allergique aux puces | Puce | 200 à 600 euros par an |
La piroplasmose est la plus fréquente en France. Elle détruit les globules rouges et peut évoluer vers une insuffisance rénale aiguë. Une forme compliquée avec transfusion et hospitalisation dépasse facilement 1 000 euros.
Le lien contractuel#
Trois précautions :
- Conserver les justificatifs d’achat des antiparasitaires, ou faire noter les administrations au carnet de santé.
- Vérifier les exclusions vectorielles de votre contrat. Certains excluent la leishmaniose, d’autres la couvrent sous condition de traitement ou de vaccination.
- Adapter la protection à la région. Le pourtour méditerranéen impose une protection antiphlébotome, qui n’est pas incluse dans tous les produits.
Le coût annuel#
| Poste | Coût annuel |
|---|---|
| Vermifugation, première année | 40 à 80 euros |
| Vermifugation, adulte | 25 à 50 euros |
| Antiparasitaires externes, 12 mois | 90 à 180 euros |
| Protection antiphlébotome renforcée | 120 à 220 euros |
| Coproscopie de contrôle | 30 à 60 euros |
| Total première année | 160 à 320 euros |
Ces dépenses relèvent du forfait prévention lorsqu’il existe, jamais des garanties maladie. Voir forfait prévention.
Le coût des maladies vectorielles, et ce que le contrat en fait#
Les antiparasitaires ne sont pas remboursés, sauf forfait prévention. Les maladies qu’ils évitent, elles, le sont, et leur coût dépasse largement celui de la prévention. C’est l’un des rares endroits où le calcul est sans ambiguïté.
| Maladie | Vecteur | Coût de la prise en charge | Pronostic sans traitement |
|---|---|---|---|
| Piroplasmose | Tique | 250 à 900 euros, jusqu’à 1 800 avec transfusion | Souvent mortel |
| Ehrlichiose | Tique | 300 à 800 euros | Évolution chronique |
| Maladie de Lyme | Tique | 200 à 600 euros, plus le suivi articulaire | Arthrites chroniques |
| Leishmaniose | Phlébotome | 400 euros la première année, puis 300 à 700 euros par an à vie | Mortel à moyen terme |
| Dirofilariose | Moustique | 800 à 2 000 euros | Insuffisance cardiaque |
| Dermatite allergique aux piqûres de puces | Puce | 150 à 400 euros par épisode, récidivant | Dermatite chronique |
La leishmaniose est le cas le plus lourd sur le plan contractuel, parce que son traitement est à vie. Un chien diagnostiqué à deux ans représente 3 000 à 7 000 euros de soins sur dix ans, avec deux difficultés : le plafond annuel, qui absorbe une partie du traitement chaque année, et le risque d’exclusion pour affection chronique en cas de changement d’assureur. Sur le pourtour méditerranéen, où la maladie est endémique, la prévention antiparasitaire n’est pas une dépense de confort mais la condition de l’assurabilité future de l’animal.
Le coût annuel d’une protection antiparasitaire correcte se situe entre 120 et 220 euros pour un chien de taille moyenne, soit 10 à 18 euros par mois. Rapporté au coût d’une seule piroplasmose, l’investissement se rentabilise en une occurrence évitée sur six ans. Aucun autre poste du budget santé d’un chien n’a un rapport aussi favorable.
Le protocole selon la zone et le mode de vie#
| Situation | Parasites internes | Parasites externes | Coût annuel |
|---|---|---|---|
| Chiot jusqu’à 6 mois, toutes zones | Tous les mois | Selon l’âge, dès que le produit est autorisé | 90 à 160 euros |
| Chien d’appartement, ville, sans jardin | 2 fois par an | Puces toute l’année, tiques en saison | 100 à 150 euros |
| Chien avec jardin, zone tempérée | 4 fois par an | Toute l’année, protection tiques renforcée | 140 à 200 euros |
| Chien de chasse ou de travail | 4 fois par an, échinococcose incluse | Toute l’année, protection maximale | 200 à 300 euros |
| Zone méditerranéenne | 4 fois par an | Toute l’année, protection phlébotomes indispensable | 200 à 320 euros |
| Contact avec enfants en bas âge | 4 fois par an, motif zoonotique | Selon le mode de vie | 140 à 220 euros |
La ligne « contact avec enfants en bas âge » relève de la santé humaine autant qu’animale. Les ascaris du chien sont transmissibles à l’humain, avec des conséquences oculaires ou viscérales documentées chez le jeune enfant. La vermifugation trimestrielle dans ce contexte n’est pas une précaution excessive, et c’est un point sur lequel les recommandations vétérinaires sont constantes.
La ligne méditerranéenne mérite une attention particulière parce qu’elle concerne aussi les séjours. Un chien du nord de la France qui passe deux semaines de vacances dans le Var doit être protégé contre les phlébotomes avant le départ, avec un produit adapté et un délai d’installation de l’efficacité. Une leishmaniose contractée pendant des vacances est couverte par le contrat, mais elle engage la santé de l’animal pour le reste de sa vie. Voir prix par département.
Questions fréquentes#
Un chiot d’intérieur doit-il être vermifugé ?#
Oui, et selon le même protocole. La contamination par les ascaris est majoritairement prénatale ou lactée, indépendante du mode de vie. Les parasites externes entrent d’ailleurs facilement dans un logement, transportés par les chaussures ou par un autre animal.
Les produits en vente libre sont-ils efficaces ?#
Leur efficacité et leur spectre sont généralement inférieurs à ceux des produits délivrés par un vétérinaire. Certains produits destinés au chien sont par ailleurs mortels pour le chat, ce qui impose une vigilance particulière dans un foyer mixte. Le conseil vétérinaire reste la référence.
Un collier antiparasitaire suffit-il ?#
Cela dépend du produit et de la région. Certains colliers offrent une protection longue durée efficace contre puces, tiques et phlébotomes ; d’autres sont limités aux puces. Demandez à votre vétérinaire une solution adaptée à votre zone géographique et au mode de vie de votre chien.
La vermifugation est-elle remboursée ?#
Uniquement par le forfait prévention, et dans la limite de son enveloppe. Elle n’entre jamais dans le champ des garanties maladie ou accident, puisqu’il s’agit d’un acte préventif et non du traitement d’une pathologie déclarée.
Les antiparasitaires sont-ils éligibles au forfait prévention ?#
Souvent oui, mais partiellement. La plupart des forfaits prévention couvrent les antiparasitaires délivrés sur ordonnance, à hauteur de leur plafond global, et excluent les produits achetés en vente libre ou en grande surface. Comme le forfait finance en priorité la vaccination et l’identification la première année, il ne reste généralement rien pour les antiparasitaires. Comptez-les dans votre budget, pas dans vos remboursements attendus.
Une infestation par les puces peut-elle créer une exclusion dermatologique ?#
Une infestation ponctuelle, non. Une dermatite allergique aux piqûres de puces diagnostiquée et récidivante, oui : c’est une affection dermatologique chronique, et elle peut fonder une exclusion en cas de changement d’assureur, ou un sous-plafond dermatologique chez certains assureurs. La prévention continue est donc aussi une protection de votre couverture future. Voir dermatite atopique.
Faut-il traiter l’environnement en plus de l’animal ?#
Oui, et c’est le point que les propriétaires négligent le plus. Une infestation par les puces se développe à 95 pour cent dans l’environnement, œufs et larves dans les textiles et les interstices, et à 5 pour cent sur l’animal. Traiter le chien sans traiter le domicile conduit à une réinfestation en deux à trois semaines, donc à des consultations dermatologiques répétées dont aucune ne résoudra la cause. Le traitement de l’environnement n’est jamais remboursé, mais il évite des épisodes qui, cumulés, construisent un dossier dermatologique.