Santé du chiot et coûts vétérinaires

Vermifuge et antiparasitaires

Un protocole oublié coûte 60 euros d’économie et peut faire tomber une garantie sur une piroplasmose à 500 euros. Les antiparasitaires sont, contractuellement, aussi importants que les vaccins.

Publié le Mis à jour le 9 min de lecture

Les parasites internes du chiot#

Un chiot est presque systématiquement porteur de parasites digestifs à la naissance, par transmission transplacentaire ou par le lait maternel.

ParasiteTransmissionConséquencesZoonose
AscarisTransplacentaire, lait, environnementRetard de croissance, ventre ballonné, diarrhéeOui
AnkylostomesCutanée, orale, laitAnémie, diarrhée hémorragiqueOui
TrichuresOrale, sol contaminéDiarrhée chronique du gros intestinNon
TéniasPuces, rongeurs, viande crueAmaigrissement, irritation analeOui, certaines espèces
CoccidiesOrale, milieu denseDiarrhée, déshydratationNon
GiardiasOrale, eau contaminéeDiarrhée chronique intermittenteOui

Plusieurs de ces parasites sont transmissibles à l’humain, ce qui rend la vermifugation particulièrement importante dans un foyer avec de jeunes enfants.

Le protocole de vermifugation#

PériodeFréquence
De 2 semaines à 2 moisToutes les 2 semaines
De 2 à 6 moisUne fois par mois
De 6 à 12 moisTous les 2 à 3 mois
Adulte2 à 4 fois par an selon le mode de vie

Ce rythme soutenu chez le jeune s’explique par le cycle des ascaris : le vermifuge élimine les formes adultes mais pas toujours les larves enkystées, qui reprennent leur développement ensuite.

Le choix de la molécule appartient au vétérinaire. Les produits à large spectre ne couvrent pas tous les giardias, qui nécessitent un traitement spécifique après diagnostic par coproscopie.

Les parasites externes#

ParasitePériodeRisque principal
PucesToute l’année, pic estivalDermatite allergique, ténia, anémie chez le chiot
TiquesMars à novembre, selon la régionPiroplasmose, maladie de Lyme, ehrlichiose
AoûtatsÉté et début d’automneDémangeaisons intenses
PhlébotomesPourtour méditerranéen, mai à octobreLeishmaniose
Gale sarcoptiqueToute l’annéePrurit intense, contagieuse
DemodexChiot et jeune chienDémodécie juvénile localisée ou généralisée

Les maladies vectorielles et leur coût#

MaladieVecteurCoût du traitement
PiroplasmoseTique150 à 600 euros, davantage si insuffisance rénale
Maladie de LymeTique200 à 500 euros
EhrlichioseTique250 à 700 euros
LeishmaniosePhlébotome600 à 1 500 euros la première année, traitement à vie
Dermatite allergique aux pucesPuce200 à 600 euros par an

La piroplasmose est la plus fréquente en France. Elle détruit les globules rouges et peut évoluer vers une insuffisance rénale aiguë. Une forme compliquée avec transfusion et hospitalisation dépasse facilement 1 000 euros.

Le lien contractuel#

Trois précautions :

  1. Conserver les justificatifs d’achat des antiparasitaires, ou faire noter les administrations au carnet de santé.
  2. Vérifier les exclusions vectorielles de votre contrat. Certains excluent la leishmaniose, d’autres la couvrent sous condition de traitement ou de vaccination.
  3. Adapter la protection à la région. Le pourtour méditerranéen impose une protection antiphlébotome, qui n’est pas incluse dans tous les produits.

Le coût annuel#

PosteCoût annuel
Vermifugation, première année40 à 80 euros
Vermifugation, adulte25 à 50 euros
Antiparasitaires externes, 12 mois90 à 180 euros
Protection antiphlébotome renforcée120 à 220 euros
Coproscopie de contrôle30 à 60 euros
Total première année160 à 320 euros

Ces dépenses relèvent du forfait prévention lorsqu’il existe, jamais des garanties maladie. Voir forfait prévention.

Le coût des maladies vectorielles, et ce que le contrat en fait#

Les antiparasitaires ne sont pas remboursés, sauf forfait prévention. Les maladies qu’ils évitent, elles, le sont, et leur coût dépasse largement celui de la prévention. C’est l’un des rares endroits où le calcul est sans ambiguïté.

MaladieVecteurCoût de la prise en chargePronostic sans traitement
PiroplasmoseTique250 à 900 euros, jusqu’à 1 800 avec transfusionSouvent mortel
EhrlichioseTique300 à 800 eurosÉvolution chronique
Maladie de LymeTique200 à 600 euros, plus le suivi articulaireArthrites chroniques
LeishmaniosePhlébotome400 euros la première année, puis 300 à 700 euros par an à vieMortel à moyen terme
DirofilarioseMoustique800 à 2 000 eurosInsuffisance cardiaque
Dermatite allergique aux piqûres de pucesPuce150 à 400 euros par épisode, récidivantDermatite chronique

La leishmaniose est le cas le plus lourd sur le plan contractuel, parce que son traitement est à vie. Un chien diagnostiqué à deux ans représente 3 000 à 7 000 euros de soins sur dix ans, avec deux difficultés : le plafond annuel, qui absorbe une partie du traitement chaque année, et le risque d’exclusion pour affection chronique en cas de changement d’assureur. Sur le pourtour méditerranéen, où la maladie est endémique, la prévention antiparasitaire n’est pas une dépense de confort mais la condition de l’assurabilité future de l’animal.

Le coût annuel d’une protection antiparasitaire correcte se situe entre 120 et 220 euros pour un chien de taille moyenne, soit 10 à 18 euros par mois. Rapporté au coût d’une seule piroplasmose, l’investissement se rentabilise en une occurrence évitée sur six ans. Aucun autre poste du budget santé d’un chien n’a un rapport aussi favorable.

Le protocole selon la zone et le mode de vie#

SituationParasites internesParasites externesCoût annuel
Chiot jusqu’à 6 mois, toutes zonesTous les moisSelon l’âge, dès que le produit est autorisé90 à 160 euros
Chien d’appartement, ville, sans jardin2 fois par anPuces toute l’année, tiques en saison100 à 150 euros
Chien avec jardin, zone tempérée4 fois par anToute l’année, protection tiques renforcée140 à 200 euros
Chien de chasse ou de travail4 fois par an, échinococcose incluseToute l’année, protection maximale200 à 300 euros
Zone méditerranéenne4 fois par anToute l’année, protection phlébotomes indispensable200 à 320 euros
Contact avec enfants en bas âge4 fois par an, motif zoonotiqueSelon le mode de vie140 à 220 euros

La ligne « contact avec enfants en bas âge » relève de la santé humaine autant qu’animale. Les ascaris du chien sont transmissibles à l’humain, avec des conséquences oculaires ou viscérales documentées chez le jeune enfant. La vermifugation trimestrielle dans ce contexte n’est pas une précaution excessive, et c’est un point sur lequel les recommandations vétérinaires sont constantes.

La ligne méditerranéenne mérite une attention particulière parce qu’elle concerne aussi les séjours. Un chien du nord de la France qui passe deux semaines de vacances dans le Var doit être protégé contre les phlébotomes avant le départ, avec un produit adapté et un délai d’installation de l’efficacité. Une leishmaniose contractée pendant des vacances est couverte par le contrat, mais elle engage la santé de l’animal pour le reste de sa vie. Voir prix par département.

Questions fréquentes#

Un chiot d’intérieur doit-il être vermifugé ?#

Oui, et selon le même protocole. La contamination par les ascaris est majoritairement prénatale ou lactée, indépendante du mode de vie. Les parasites externes entrent d’ailleurs facilement dans un logement, transportés par les chaussures ou par un autre animal.

Les produits en vente libre sont-ils efficaces ?#

Leur efficacité et leur spectre sont généralement inférieurs à ceux des produits délivrés par un vétérinaire. Certains produits destinés au chien sont par ailleurs mortels pour le chat, ce qui impose une vigilance particulière dans un foyer mixte. Le conseil vétérinaire reste la référence.

Un collier antiparasitaire suffit-il ?#

Cela dépend du produit et de la région. Certains colliers offrent une protection longue durée efficace contre puces, tiques et phlébotomes ; d’autres sont limités aux puces. Demandez à votre vétérinaire une solution adaptée à votre zone géographique et au mode de vie de votre chien.

La vermifugation est-elle remboursée ?#

Uniquement par le forfait prévention, et dans la limite de son enveloppe. Elle n’entre jamais dans le champ des garanties maladie ou accident, puisqu’il s’agit d’un acte préventif et non du traitement d’une pathologie déclarée.

Les antiparasitaires sont-ils éligibles au forfait prévention ?#

Souvent oui, mais partiellement. La plupart des forfaits prévention couvrent les antiparasitaires délivrés sur ordonnance, à hauteur de leur plafond global, et excluent les produits achetés en vente libre ou en grande surface. Comme le forfait finance en priorité la vaccination et l’identification la première année, il ne reste généralement rien pour les antiparasitaires. Comptez-les dans votre budget, pas dans vos remboursements attendus.

Une infestation par les puces peut-elle créer une exclusion dermatologique ?#

Une infestation ponctuelle, non. Une dermatite allergique aux piqûres de puces diagnostiquée et récidivante, oui : c’est une affection dermatologique chronique, et elle peut fonder une exclusion en cas de changement d’assureur, ou un sous-plafond dermatologique chez certains assureurs. La prévention continue est donc aussi une protection de votre couverture future. Voir dermatite atopique.

Faut-il traiter l’environnement en plus de l’animal ?#

Oui, et c’est le point que les propriétaires négligent le plus. Une infestation par les puces se développe à 95 pour cent dans l’environnement, œufs et larves dans les textiles et les interstices, et à 5 pour cent sur l’animal. Traiter le chien sans traiter le domicile conduit à une réinfestation en deux à trois semaines, donc à des consultations dermatologiques répétées dont aucune ne résoudra la cause. Le traitement de l’environnement n’est jamais remboursé, mais il évite des épisodes qui, cumulés, construisent un dossier dermatologique.