Profils de risque par race

Assurance d’un chiot whippet

Le whippet est l’une des races les moins coûteuses à assurer, et l’une des rares où une formule modeste se défend réellement. Deux particularités demandent néanmoins une attention précise.

Mis à jour le 8 min de lecture

Un chiot whippet de quatre mois enroulé dans une couverture sur un canapé

Profil de la race#

Lévrier britannique de 10 à 16 kilos, à poil ras, le whippet est un chien de course conformé pour la vitesse : ossature légère, masse musculaire sèche, très faible masse grasse, peau fine.

Sur le plan assurantiel, c’est un profil favorable et il faut le dire, la plupart des pages de cette rubrique décrivant des races chargées. Le whippet présente peu de prédispositions coûteuses, pas de dysplasie fréquente, pas de syndrome respiratoire, pas de dermatose chronique majeure, une bonne santé dentaire relative pour son gabarit, et une espérance de vie de douze à quinze ans.

Cela a une conséquence pratique intéressante : c’est l’une des rares races où l’arbitrage entre une formule accident seule et une formule intermédiaire mérite un vrai calcul, et où la réponse n’est pas automatiquement la formule complète.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquence dans la raceCoût de la prise en chargeÂge habituel
Sensibilité anesthésiqueCaractéristique de la raceCoût indirect, majore la prudenceToute la vie
Plaies et déchirures cutanéesÉlevée, peau fine200 à 900 euros par épisodeToute la vie
Traumatismes de courseNotable, vitesse élevée300 à 2 500 eurosToute la vie
Cardiopathie, souffle et valvulopathieNotable chez l’adulte400 à 1 200 euros par an7 ans et plus
Affections oculaires, cataracteModérée1 500 à 2 500 euros par œil6 ans et plus
HypothyroïdieModérée250 à 500 euros par an, à vie3 ans et plus
Troubles de la coagulation, delta storage poolModéréeCoût indirect en chirurgieCongénital
Coup de froid, hypothermieNotable, faible masse grasse150 à 600 eurosHiver

La sensibilité anesthésique, à faire connaître#

Les lévriers présentent trois particularités physiologiques qui modifient la conduite d’une anesthésie : une très faible masse grasse, qui change la distribution des molécules liposolubles, une métabolisation hépatique particulière de certaines familles de sédatifs, et une masse musculaire élevée avec un rapport surface sur volume défavorable pour la thermorégulation.

La conséquence pratique est un réveil plus long et plus difficile avec certains protocoles, et un risque accru d’hypothermie peropératoire. Tout vétérinaire connaît ces particularités et adapte son protocole : ce n’est pas un danger, c’est une information à transmettre.

Trois choses à faire, aucune remboursée, toutes gratuites ou presque. Signaler la race et ces particularités lors de la prise de rendez-vous pour toute anesthésie, y compris dans une clinique de garde où le praticien ne connaît pas l’animal. S’assurer que le réchauffement actif est prévu, ce qui est standard dans les structures correctement équipées. Et demander que la surveillance du réveil soit assurée par du personnel présent, ce qui est le point où les structures diffèrent le plus.

La peau fine, premier poste réel#

C’est la dépense la plus fréquente de la race, et elle est peu connue. La peau d’un whippet est fine, peu protégée par le poil et par le tissu sous-cutané. Une branche, un grillage, une ronce, une morsure de jeu produisent des plaies plus étendues et plus profondes que sur un chien à peau épaisse.

Ces plaies sont de vraies plaies chirurgicales : elles nécessitent une suture sous sédation, parfois un drain, et la cicatrisation est plus lente sur une peau tendue. Compter 200 à 900 euros par épisode selon l’étendue, davantage si une reconstruction par lambeau est nécessaire.

Sur le plan contractuel, deux points favorables et un point de vigilance.

Les plaies relèvent de la garantie accident sans discussion, avec une carence courte de deux à sept jours et une couverture possible par une simple formule accident. Voir garantie accident.

La série de pansements peut en revanche déclencher plusieurs franchises si le gestionnaire traite chaque pansement comme un acte distinct. Dans la plupart des contrats, un épisode et ses suites constituent un sinistre unique, donc une seule franchise. Vérifiez la définition du sinistre dans vos conditions générales, et contestez par écrit toute application de franchises multiples sur un même épisode. Voir plaies et morsures.

L’arbitrage de formule, un cas particulier#

Sur la plupart des races documentées ici, la formule accident seule est une couverture transitoire à faire évoluer avant le premier anniversaire. Sur un whippet, le calcul est plus ouvert, et il mérite d’être posé honnêtement.

ScénarioCotisation sur 13 ansDépense vétérinaire attendueRemboursement attendu
Aucune assurance0 euro5 000 à 9 000 euros0 euro
Accident seul2 200 à 2 800 euros5 000 à 9 000 euros1 800 à 3 200 euros
Accident et maladie, intermédiaire6 200 à 7 400 euros5 000 à 9 000 euros3 500 à 6 500 euros
Formule complète9 800 à 11 500 euros5 000 à 9 000 euros4 500 à 8 000 euros

La lecture est instructive. Sur une race saine, la formule complète est difficile à rentabiliser en moyenne. La formule accident seule couvre précisément le profil de risque dominant de la race, plaies et traumatismes de course, pour un quart du prix. Et la formule intermédiaire occupe une position raisonnable, en couvrant les affections cardiaques et endocriniennes qui arrivent après sept ans.

La réponse dépend donc de votre capacité à absorber une dépense, comme partout. Un foyer capable de sortir 2 500 euros sans difficulté peut légitimement s’en tenir à une formule accident sur cette race, ce qui n’est pas vrai sur un bouledogue français ou un westie. Voir quelle formule choisir et est-ce rentable.

Cotisation observée#

FormuleChiot de 3 moisÀ 5 ansÀ 10 ans
Accident seul8 à 13 euros12 à 18 euros19 à 28 euros
Accident et maladie, intermédiaire24 à 34 euros38 à 56 euros64 à 96 euros
Formule complète38 à 54 euros60 à 86 euros100 à 146 euros

Le whippet figure dans le tiers le moins coûteux du marché. Voir prix par race.

Les clauses à vérifier#

La définition de l’accident, large de préférence. Avec assimilation des traumatismes survenus au cours d’une activité normale de l’animal. Sur un chien de course qui se blesse en accélérant, cette phrase évite la requalification en affection articulaire.

La définition du sinistre unique. Déterminante en raison des séries de pansements.

Un plafond annuel de 2 500 euros suffit. Il n’y a pas de sinistre à 4 000 euros attendu sur cette race.

La couverture des affections cardiaques après sept ans, sans sous-plafond.

La franchise, annuelle de préférence, les plaies étant fréquentes et de coût unitaire modéré.

Questions fréquentes#

Un whippet a-t-il besoin d’un manteau ?#

En hiver et par temps humide, oui, et ce n’est pas une coquetterie. La très faible masse grasse et le poil ras réduisent l’isolation thermique. Un chien qui frissonne dépense de l’énergie et se refroidit vite, ce qui peut conduire à une hypothermie lors d’une sortie longue par temps froid. Le manteau n’est jamais remboursé, il coûte 30 à 70 euros, et il évite des consultations.

Les tests de coagulation sont-ils justifiés avant une chirurgie ?#

Sur un whippet, la question mérite d’être posée à votre vétérinaire, certaines anomalies plaquettaires étant décrites chez les lévriers. Un bilan de coagulation avant une chirurgie programmée coûte 60 à 140 euros et n’est remboursé que s’il est rattaché à l’acte lui-même quand celui-ci relève de la garantie maladie. Sur une stérilisation de convenance, il est rattaché au forfait prévention. Ce n’est pas un examen systématique, c’est une discussion à avoir avec le praticien.

Les valeurs sanguines d’un lévrier sont-elles normales ?#

Elles diffèrent de celles des autres races, et c’est important à savoir : l’hématocrite est physiologiquement plus élevé, le nombre de plaquettes plus bas, et certaines valeurs thyroïdiennes plus basses. Un bilan interprété avec les valeurs de référence canines standard peut donc faire conclure à tort à une anomalie, et déclencher des examens inutiles. Signalez la race lors de toute prise de sang. Les laboratoires vétérinaires disposent de valeurs de référence adaptées.

Un whippet de course est-il assuré différemment ?#

Si le questionnaire de souscription demande l’usage de l’animal, la participation à des courses ou à des compétitions de coursing doit être déclarée. Certains contrats excluent les accidents survenus en compétition, d’autres appliquent une majoration. L’omission expose aux sanctions des articles L113-8 et L113-9 du Code des assurances. Une pratique de loisir, course libre en terrain clos, n’a généralement pas à être déclarée comme usage particulier.

Le whippet est-il vraiment une race saine ?#

Comparativement, oui, et cette page ne cherche pas à dramatiser un profil qui est objectivement favorable. Les sinistres attendus sont fréquents mais modérés, plaies et traumatismes, et les affections lourdes sont rares avant sept ans. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas assurer : un traumatisme de course peut coûter 2 500 euros un mardi soir, et c’est exactement ce que l’assurance sert à absorber. Cela signifie que le bon contrat sur cette race est probablement plus modeste que celui qu’un comparateur vous proposera.