Profils de risque par race

Assurance d’un chiot staffordshire bull terrier

Une confusion de race change tout. Le staffordshire bull terrier n’est pas catégorisé, l’american staffordshire terrier l’est. Les deux se ressemblent, les obligations légales et l’accès à l’assurance n’ont rien à voir.

Publié le Mis à jour le 5 min de lecture

Un chiot staffordshire bull terrier bringé de quatre mois assis dans une cour pavée

La distinction qui décide de tout#

Trois races sont couramment confondues, avec des conséquences légales opposées.

RaceStatut en FranceConséquences
Staffordshire bull terrier, inscrit au livre généalogiqueNon catégoriséChien de compagnie ordinaire, aucune contrainte particulière
American staffordshire terrier, inscrit au livre généalogiqueCatégorie 2Permis de détention, muselière, RC spécifique, évaluation comportementale
Type american staffordshire non inscrit, dit pit-bullCatégorie 1Stérilisation obligatoire, interdictions étendues, refus d’assurance santé fréquent

Cette page traite du staffordshire bull terrier non catégorisé. Pour l’american staffordshire, les obligations décrites sur la page rottweiler s’appliquent de la même manière.

Profil de la race#

Gabarit adulte de 11 à 17 kilos, espérance de vie de douze à quatorze ans. Terrier compact, très musclé, à l’énergie élevée et au seuil de douleur haut.

Race globalement robuste, dont le profil de risque combine des prédispositions dermatologiques marquées, quelques affections oculaires et métaboliques héréditaires, et une exposition traumatique liée à l’activité.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquenceÂge d’apparitionCoût
Dermatite atopiqueÉlevée6 mois à 3 ans600 à 1 500 euros par an
Démodécie juvénileÉlevée3 à 12 mois200 à 700 euros
Cataracte héréditaire juvénileModérée à élevée, test disponible6 mois à 3 ans1 200 à 2 500 euros par œil
Acidurie L-2-hydroxyglutariqueFaible, test disponible6 mois à 2 ansPas de traitement curatif
Rupture du ligament croiséÉlevéeÀ partir de 18 mois1 500 à 2 300 euros par genou
Luxation de la rotuleModérée6 mois à 3 ans900 à 1 800 euros
MastocytomeModérée4 ans et plus600 à 2 000 euros
Traumatismes et morsuresÉlevéeTout âge250 à 1 500 euros
Coup de chaleurModérée à élevéeTout âge, saisonnier600 à 1 800 euros
Maladie parodontaleModérée3 ans et plus200 à 600 euros

Deux affections héréditaires de cette race disposent d’un test génétique fiable : la cataracte héréditaire juvénile et l’acidurie L-2-hydroxyglutarique. Un éleveur sérieux teste ses reproducteurs et fournit les résultats. Demandez-les, c’est l’élément de sélection le plus concret pour cette race.

Le poste dermatologique#

C’est la dépense récurrente dominante. Le staffordshire bull terrier cumule une prédisposition atopique et un pelage court sur une peau fine, ce qui rend les lésions rapidement visibles et les surinfections fréquentes.

La démodécie juvénile localisée, fréquente entre trois et douze mois, est généralement bénigne et se résout spontanément. Les formes généralisées nécessitent un traitement long, de 400 à 900 euros.

Conséquences contractuelles : vérifiez le sous-plafond dermatologique, le sous-plafond médicaments, et surtout que la franchise soit annuelle plutôt que par acte, compte tenu du nombre de consultations. Voir dermatite atopique.

Cotisation observée#

FormuleChiot, 3 à 6 moisÀ 5 ansÀ 10 ans
Accident seul13 à 18 euros17 à 23 euros24 à 32 euros
Accident et chirurgie20 à 28 euros27 à 37 euros38 à 51 euros
Intermédiaire33 à 43 euros44 à 57 euros62 à 81 euros
Complète50 à 68 euros66 à 88 euros93 à 124 euros

Coefficient de risque appliqué : environ 1,12 pour le staffordshire bull terrier non catégorisé. Pour un american staffordshire en catégorie 2, comptez une surprime de 20 à 50 pour cent et un accès restreint.

Les clauses à vérifier#

  1. Le statut de la race dans le contrat. Faites confirmer par écrit que le staffordshire bull terrier n’est pas traité comme un chien catégorisé par l’assureur, certains appliquant leurs propres listes.
  2. La clause héréditaire, pour la cataracte juvénile.
  3. Le sous-plafond dermatologique et médicaments, 600 euros par an au minimum.
  4. La franchise annuelle, jamais par acte.
  5. La définition de l’accident, large, compte tenu de l’activité de la race.
  6. Le plafond annuel, 2 500 à 3 000 euros.

Le sujet de la responsabilité civile#

Même non catégorisé, le staffordshire bull terrier est un chien puissant dont la morphologie suscite des réactions. Deux points pratiques :

  • Vérifiez que votre assurance habitation couvre bien les dommages causés par l’animal. C’est le cas dans la majorité des contrats pour un chien non catégorisé, mais certains excluent des listes de races qui leur sont propres. Lisez la clause.
  • En cas de morsure, la déclaration en mairie est obligatoire quelle que soit la gravité, au titre de l’article L.211-14-2 du Code rural, et elle déclenche une surveillance sanitaire de trois visites vétérinaires sur quinze jours. Voir responsabilité civile.

Questions fréquentes#

Comment savoir si mon chiot sera catégorisé ?#

Le classement se fait sur le type morphologique constaté par un vétérinaire ou par les autorités, et sur l’inscription au livre généalogique. Un chiot inscrit comme staffordshire bull terrier avec pedigree n’est pas catégorisé. Un chiot sans document, de type american staffordshire, relève de la catégorie 1. En cas de doute, faites établir un certificat vétérinaire de conformité au standard de la race.

Les tests génétiques sont-ils vraiment disponibles ?#

Oui, pour la cataracte héréditaire juvénile et pour l’acidurie L-2-hydroxyglutarique. Les deux sont proposés par plusieurs laboratoires et les clubs de race les recommandent pour les reproducteurs. Un éleveur qui ne les pratique pas pour cette race doit susciter la prudence.

La démodécie du chiot est-elle grave ?#

La forme localisée, quelques plaques sans démangeaison majeure entre trois et douze mois, guérit généralement seule et traduit une immaturité immunitaire. La forme généralisée est plus préoccupante et nécessite un traitement long. Dans les deux cas, une mention au carnet pendant la carence peut ouvrir une exclusion dermatologique : c’est un argument de plus pour souscrire dès l’arrivée.

Quel plafond prévoir ?#

2 500 à 3 000 euros. Le poste chirurgical principal est la rupture du ligament croisé, à 1 500 à 2 300 euros par genou, avec un risque de bilatéralisation. Le reste du risque est récurrent plutôt que ponctuel, ce qui rend la structure de la franchise aussi importante que le plafond.