Profils de risque par race

Assurance d’un chiot berger blanc suisse

Proche du berger allemand par la morphologie, le berger blanc suisse partage ses prédispositions orthopédiques et digestives, et il ajoute la mutation MDR1 des chiens de berger.

Mis à jour le 6 min de lecture

Un chiot berger blanc suisse de quatre mois debout dans un jardin, pelage blanc dense

Profil de la race#

Chien de berger de 25 à 40 kilos, à poil long ou court et à pelage blanc, le berger blanc suisse est issu de lignées de bergers allemands blancs. Son espérance de vie est de onze à treize ans, un peu plus favorable que celle du berger allemand.

Son profil de sinistralité en est proche, avec trois différences utiles. La mutation MDR1 est présente dans la race, ce qui n’est pas le cas du berger allemand. Les affections digestives chroniques y sont également fréquentes. Et les affections cutanées liées au pelage blanc, notamment les sensibilités solaires et les dermatoses, sont surreprésentées.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquence dans la raceCoût de la prise en chargeÂge habituel
Mutation MDR1, sensibilité médicamenteuseNotableCoût indirect, risque iatrogèneCongénital
Dysplasie de la hancheNotable2 200 à 3 800 euros par hanche1 à 5 ans
Dysplasie du coudeNotable1 800 à 3 200 euros par coude6 à 18 mois
Affections digestives chroniquesÉlevée500 à 1 400 euros par anToute la vie
Insuffisance pancréatique exocrineNotable600 à 1 300 euros par an, à vie1 à 4 ans
Dermatite atopiqueNotable500 à 1 300 euros par an1 an et plus
Torsion d’estomacNotable, thorax profond2 200 à 3 800 euros en urgence4 ans et plus
Myélopathie dégénérativeModérée800 à 2 500 euros de bilan et accompagnement7 ans et plus
Surdité congénitaleModérée, liée au pelage blancPas de traitement, conséquences indirectesNaissance

Le test MDR1, à faire avant toute anesthésie#

Le gène MDR1 code une protéine qui expulse certaines molécules hors des cellules, notamment au niveau de la barrière entre le sang et le cerveau. Chez les porteurs de la mutation, plusieurs molécules courantes atteignent le système nerveux central à des concentrations toxiques.

La mutation est présente chez le berger blanc suisse, comme chez le colley, le berger australien, le sheltie et le border collie. Les molécules concernées appartiennent à des familles usuelles : certains antiparasitaires, certains antidiarrhéiques, certains sédatifs et antiémétiques, certains anticancéreux.

Les signes d’intoxication sont neurologiques : abattement profond, tremblements, ataxie, cécité transitoire, coma. La prise en charge impose une hospitalisation de plusieurs jours, 900 à 2 500 euros, avec un risque vital.

Le test se fait sur un prélèvement buccal ou sanguin, pour 60 à 100 euros, une fois dans la vie de l’animal. Il n’est pas remboursé. Son résultat doit figurer de façon très visible sur la première page du carnet de santé et être signalé à tout vétérinaire qui prend l’animal en charge, notamment en garde.

Les affections digestives chroniques#

C’est le poste le plus constant du dossier, et il est mal anticipé. Le berger blanc suisse partage avec le berger allemand une sensibilité digestive marquée, qui se manifeste par des diarrhées chroniques ou intermittentes, une intolérance à certains aliments, et dans une part des cas une insuffisance pancréatique exocrine.

L’insuffisance pancréatique exocrine est la forme la plus lourde : le pancréas ne produit plus assez d’enzymes digestives, l’animal maigrit malgré un appétit conservé, et les selles sont abondantes et graisseuses. Le traitement est un apport enzymatique à vie, 50 à 100 euros par mois, associé à une alimentation spécifique non remboursée.

PosteDétailCoût annuel
Consultations digestives3 à 5 par an180 à 500 euros
Bilan initial, coproscopies, dosagesUne fois puis contrôles300 à 900 euros
Échographie abdominaleUne à deux fois180 à 380 euros
Traitement enzymatiqueÀ vie si insuffisance pancréatique600 à 1 200 euros par an
Alimentation spécifiqueEn continu700 à 1 200 euros par an, non remboursés
Probiotiques et pansementsPar périodes150 à 400 euros, rarement remboursés

Le cumul sur douze ans, sur un animal atteint, dépasse 12 000 euros dont plus de la moitié non remboursable. Deux paramètres du contrat décident : la franchise, qui doit impérativement être annuelle vu la fréquence des renouvellements, et l’absence de sous-plafond digestif. Voir gastro-entérite.

Cotisation observée#

FormuleChiot de 3 moisÀ 5 ansÀ 10 ans
Accident seul12 à 18 euros18 à 26 euros28 à 42 euros
Accident et maladie, intermédiaire34 à 48 euros56 à 80 euros92 à 138 euros
Formule complète52 à 72 euros84 à 118 euros136 à 196 euros

Voir prix par race.

Les clauses à vérifier#

Aucun sous-plafond digestif. Premier critère, à confirmer par écrit.

La franchise annuelle, en raison du suivi digestif au long cours.

La clause héréditaire appliquée aux dysplasies, limitée aux affections établies par test ou dépistage.

Un plafond annuel de 3 500 euros, justifié par le gabarit et la possibilité d’une chirurgie orthopédique.

La prise en charge de la rééducation postopératoire. Voir médecines complémentaires.

L’existence d’un forfait alimentation thérapeutique, rare et plafonné à 100 à 150 euros, mais utile sur un poste de 900 euros annuels.

L’absence de sous-plafond dermatologique.

Questions fréquentes#

Le pelage blanc pose-t-il un problème de santé ?#

Deux points, l’un mineur et l’autre à connaître. La peau claire sous un poil blanc est plus sensible au soleil, ce qui justifie une vigilance sur les zones peu couvertes, truffe et abdomen, lors des expositions prolongées. Et une surdité congénitale est associée, chez certaines races, aux gènes de dépigmentation ; elle est moins fréquente ici que chez le dalmatien mais elle existe. Un test auditif se demande à l’éleveur si un doute existe.

Un chien sourd est-il assurable normalement ?#

Oui, la surdité ne fait refuser aucune souscription et ne majore aucune cotisation en France. Déclarez-la si elle est connue et faites-la constater par certificat. La seule adaptation utile porte sur le choix des garanties : un chien qui n’entend ni un véhicule ni un rappel est plus exposé aux traumatismes, ce qui donne du poids à la définition de l’accident retenue par le contrat et au niveau du plafond. Voir garantie accident.

Une intoxication MDR1 est-elle prise en charge ?#

Elle relève de la garantie maladie en tant qu’affection survenue en cours de contrat, et elle est généralement remboursée. Deux nuances. Si la molécule a été administrée par un vétérinaire alors que le statut MDR1 était connu et consigné, la responsabilité professionnelle du prescripteur peut être engagée. Si vous avez administré un produit en vente libre, la clause de négligence peut être tentée, sans être solide. Dans les deux cas, la traçabilité du statut MDR1 au dossier joue en votre faveur.

L’insuffisance pancréatique se dépiste-t-elle ?#

Elle se diagnostique par un dosage sanguin spécifique de l’immunoréactivité trypsine-like, réalisé devant des signes cliniques. Il n’y a pas de dépistage prédictif chez un animal sain. Ce qui compte est la précocité du diagnostic devant un amaigrissement avec appétit conservé et des selles graisseuses : plus le traitement est instauré tôt, mieux l’état général se maintient. Le dosage coûte 80 à 160 euros et il est remboursable comme acte diagnostique.

Faut-il limiter l’activité du chiot ?#

Oui, pendant toute la croissance, sur un gabarit de 35 kilos. Pas de saut, pas d’escalier répété, pas de course sur sol dur, pas d’exercice forcé avant la fin de la croissance osseuse, soit quatorze à seize mois. Associé à une ration pesée et recalculée régulièrement, avec un aliment formulé pour grandes races, ce régime réduit de façon documentée le risque d’affections orthopédiques du développement. Voir croissance et alimentation.