Profils de risque par race

Assurance d’un chiot akita inu

L’akita inu présente un profil immunitaire particulier : des affections auto-immunes plus fréquentes que dans le reste de l’espèce, dont le traitement est à vie et dont la prise en charge se joue sur les sous-plafonds.

Mis à jour le 7 min de lecture

Un chiot akita inu roux de quatre mois assis sur un balcon, oreilles droites

Profil de la race#

Chien japonais de type spitz, de 30 à 45 kilos, à poil dur et double sous-poil, l’akita inu est une race indépendante et réservée, d’espérance de vie de dix à douze ans.

Son profil de sinistralité comporte deux particularités. D’abord une prédisposition documentée à plusieurs affections auto-immunes, rares dans l’espèce mais surreprésentées dans la race. Ensuite une sensibilité à certains protocoles anesthésiques et à certains médicaments, comparable dans son principe à celle des lévriers mais de mécanisme différent.

Prédispositions documentées#

AffectionFréquence dans la raceCoût de la prise en chargeÂge habituel
Syndrome uvéodermatologiqueNotable, propre à la race800 à 2 500 euros par an, à vie1 à 5 ans
Pemphigus foliacéNotable700 à 1 800 euros par an2 ans et plus
Adénite sébacéeNotable500 à 1 200 euros par an, à vie1 à 5 ans
Hypothyroïdie auto-immuneÉlevée250 à 500 euros par an, à vie3 ans et plus
Anémie hémolytique auto-immuneModérée1 500 à 4 000 euros par épisode2 ans et plus
Atrophie rétinienne progressiveModéréeSuivi seulement, 200 à 400 euros4 à 8 ans
Dysplasie de la hancheNotable2 200 à 3 800 euros par hanche1 à 5 ans
Torsion d’estomacNotable2 200 à 3 800 euros en urgence4 ans et plus
Sensibilité médicamenteuse et anesthésiqueCaractéristiqueCoût indirectToute la vie

Le syndrome uvéodermatologique, spécifique de la race#

C’est l’affection qui caractérise l’akita inu sur le plan médical. Le système immunitaire attaque les cellules pigmentaires, ce qui produit une double atteinte : une inflammation sévère de l’intérieur de l’œil, l’uvéite, et une dépigmentation de la truffe, des lèvres et des paupières.

L’atteinte oculaire est l’urgence : une uvéite non contrôlée conduit au glaucome et à la cécité en quelques semaines. La prise en charge associe des collyres anti-inflammatoires intensifs, un traitement immunosuppresseur par voie générale, et un suivi ophtalmologique rapproché.

PosteDétailCoût
Consultation ophtalmologique de référésDiagnostic initial90 à 200 euros
Bilan complet, examens complémentairesExclusion des autres causes300 à 700 euros
Traitement d’attaqueCollyres intensifs, corticoïdes généraux250 à 600 euros
Traitement immunosuppresseur d’entretienÀ vie60 à 160 euros par mois
Suivi ophtalmologique4 à 8 consultations la première année, puis 2 à 4 par an400 à 1 400 euros par an
Bilans de surveillance du traitement2 à 4 par an200 à 500 euros par an
Chirurgie du glaucome ou énucléationEn cas d’échec du contrôle1 200 à 2 800 euros par œil

Le cumul sur la vie de l’animal, du diagnostic à la fin, atteint 6 000 à 14 000 euros. C’est un profil de dépense comparable à celui de la cardiomyopathie du dobermann, avec la même structure : une charge mensuelle continue plutôt qu’un pic chirurgical.

La question des sous-plafonds#

Le profil de l’akita inu met en difficulté trois sous-plafonds différents, et c’est la particularité de son dossier.

Le sous-plafond médicaments. Les traitements immunosuppresseurs d’entretien coûtent 700 à 1 900 euros par an. Un sous-plafond médicaments de 600 euros, présent dans plusieurs contrats, en couvre le tiers.

Le sous-plafond dermatologique. Le pemphigus foliacé et l’adénite sébacée sont des affections cutanées chroniques. Un sous-plafond dermatologique de 400 euros ne couvre rien d’utile.

Le sous-plafond ophtalmologique. Le syndrome uvéodermatologique impose un suivi ophtalmologique rapproché, 400 à 1 400 euros par an. Un sous-plafond ophtalmologique de 500 euros est saturé au premier semestre.

Sur cette race, la question à poser par écrit n’est donc pas seulement le plafond annuel mais l’existence de sous-plafonds par appareil, et la réponse doit être négative sur les trois. Voir plafond annuel.

La sensibilité médicamenteuse#

Les akita inu sont décrits comme présentant une sensibilité accrue à certains protocoles anesthésiques et à certaines molécules, ainsi qu’une réactivité particulière aux vaccinations chez quelques individus. Ces particularités sont connues de la profession et conduisent à adapter les protocoles.

Trois conséquences pratiques. Signaler la race lors de toute anesthésie, y compris en clinique de garde. Faire noter au dossier toute réaction observée à un médicament ou à une vaccination, ce qui oriente les prescriptions futures. Et savoir que les valeurs sanguines de référence de la race diffèrent légèrement de la norme canine, ce qui peut faire conclure à tort à une anomalie.

Sur le plan contractuel, la prise en charge d’une réaction indésirable relève de la garantie maladie, comme toute affection survenue en cours de contrat. Voir anesthésie du chiot.

Cotisation observée#

FormuleChiot de 3 moisÀ 5 ansÀ 9 ans
Accident seul13 à 19 euros19 à 28 euros30 à 44 euros
Accident et maladie, intermédiaire38 à 54 euros62 à 88 euros100 à 150 euros
Formule complète58 à 78 euros92 à 128 euros148 à 212 euros

Voir prix par race.

Les clauses à vérifier#

Aucun sous-plafond médicaments, dermatologique ni ophtalmologique. Premier critère, à confirmer par écrit sur les trois.

La clause héréditaire. Les affections auto-immunes de la race ont une composante génétique. Une clause visant « toute affection présentant une composante héréditaire » permettrait de les exclure, c’est-à-dire d’exclure l’essentiel du risque. Demandez une clause limitée aux affections établies par test génétique.

La franchise annuelle, impérative. Un traitement immunosuppresseur avec suivi rapproché génère quinze à vingt-cinq actes annuels. Une franchise par acte annule le remboursement.

Le plafond annuel, 3 500 euros minimum.

La couverture des consultations de spécialiste de référés, l’ophtalmologie et la dermatologie de référés étant nécessaires sur ce profil.

Questions fréquentes#

Ces affections auto-immunes sont-elles fréquentes en valeur absolue ?#

Non, et il faut le dire honnêtement : la majorité des akita inu ne développeront aucune de ces affections. Leur particularité est d’être surreprésentées dans la race par rapport au reste de l’espèce, ce qui justifie d’en tenir compte dans le choix du contrat sans en faire une fatalité. L’akita inu est une race globalement solide ; c’est le coût élevé du scénario défavorable qui commande de bien choisir les sous-plafonds.

Un test génétique permet-il de dépister ces affections ?#

Pas pour le syndrome uvéodermatologique ni pour le pemphigus, dont le déterminisme est complexe et associé à des marqueurs d’histocompatibilité plutôt qu’à une mutation unique. Il n’existe donc pas de test prédictif utilisable. Le seul élément de prévention en amont est de s’informer sur les antécédents de la lignée auprès de l’éleveur, ce qui reste imparfait.

L’hypothyroïdie est-elle grave ?#

Non en elle-même, et c’est plutôt une bonne nouvelle dans ce dossier. L’hypothyroïdie auto-immune est fréquente dans la race et son traitement est simple, efficace et peu coûteux : un comprimé quotidien à vie pour 250 à 500 euros par an, avec deux dosages sanguins annuels. Elle est couverte au titre de la garantie maladie. La seule difficulté est la franchise par acte, qui grignoterait un remboursement de renouvellements mensuels.

Faut-il espacer les vaccinations ?#

La décision appartient à votre vétérinaire. Une réactivité particulière aux vaccinations est décrite chez quelques individus de la race, et un protocole adapté peut être proposé en cas d’antécédent de réaction. Attention néanmoins à l’effet contractuel : un protocole vaccinal écarté des recommandations expose à la clause vaccinale de certains contrats. Si un protocole adapté est décidé, faites-le documenter par écrit par le praticien, avec sa justification médicale, et versez ce document au dossier d’assurance. Voir calendrier vaccinal.

Le sous-poil demande-t-il un entretien coûteux ?#

Le double pelage de l’akita inu mue abondamment deux fois par an. L’entretien demande un brossage soutenu pendant les mues et éventuellement un toilettage professionnel avec démêlage du sous-poil, 60 à 110 euros la séance, deux à quatre fois par an. Compter 200 à 450 euros par an, jamais remboursés. Un sous-poil non éliminé favorise les macérations et les dermatites, qui sont elles partiellement remboursées mais consomment franchises et plafond.